Plan Halieutis : le poids de l’informel sera ramené à  moins de 15% de la production d’ici 2020

Les exportations à  fin novembre 2012 ont totalisé 12.8 milliards de DH, en hausse de 13% en valeur et de 20% en volume. Une trentaine de points de débarquement et villages de pêcheurs ont été construits pour un investissement total de 1.8 milliard de DH.

La tenue de la deuxième édition du Salon Halieutis, du 13 au 17 férier à Agadir, a constitué une aubaine pour le secteur afin de revenir sur les réalisations du plan éponyme et sonder les différentes pistes à même de contribuer davantage au développement et à la compétitivité du secteur halieutique. Pour rappel, le plan Halieutis, dont les premières mesures ont été déployées depuis 2009, est venu organiser le secteur et mieux l’outiller tout en veillant sur la durabilité de la ressource et sa compétitivité. Pour ce faire, la tutelle a procédé à l’élaboration et au renforcement de plusieurs plans d’aménagement qui ont eu un impact sur la préservation de la ressource à travers le principe des quotas, le repos biologiques, le contrôle et le suivi. En guise d’exemple, à la suite du renforcement du plan d’aménagement de la pêche poulpière, le stock du poulpe a enregistré son record historique en 2012 après avoir frôlé des niveaux alarmants en 2003.

En parallèle, la traçabilité est assurée davantage grâce à la mise en place de la procédure de certification des captures pour la lutte contre la pêche INN (illicite, non déclarée et non réglementée), et ce, pour mieux répondre aux exigences des partenaires internationaux.

Amélioration des conditions de travail des artisans pêcheurs et meilleure valorisation des produits de la mer

L’objectif du ministère est de réduire la pêche informelle à moins de 15% de la production d’ici 2020 contre 30% actuellement. A date d’aujourd’hui, environ 90% des certifications de capture sont saisies sur système informatique permettant une rapidité et une fluidité de la procédure de certification à l’export. Signalons à cet effet que les exportations à fin novembre 2012 ont totalisé 407 645 tonnes pour une valeur de 12,8 milliards de DH, en hausse de 20% et 13% respectivement.

Cette amélioration des conditions de pêche et de la valorisation des produits va de pair avec la modernisation des infrastructures. Les rapports du ministère font état de la construction de 29 points de débarquement aménagés et villages de pêcheurs, pour un investissement global de 1,8 milliard de DH.

De même, la globalisation des marchés et le démantèlement des barrières tarifaires remplacées par des normes de qualité de plus en plus contraignantes ont-ils poussé la tutelle à accélérer le rythme d’aménagement des halles de nouvelle génération dont plus de la moitié a été achevée et mise en service, notamment celles de Lâayoune, Tarfaya, Safi, Mohammédia, Agadir et Boujdour. Ces infrastructures permettent la séparation physique des produits et des personnes, le contrôle de la température ambiante dans les espaces de vente et l’adaptation de l’activité aux besoins de manutention mécanique.

En vue de mieux renforcer la compétitivité des entreprises de transformation des produits de la mer et de l’offre exportable marocaine, Agadir est aussi dotée d’un pôle de compétitivité s’étalant sur 70 ha de foncier, dont la première tranche est déjà en cours de commercialisation. Le pôle a signé une convention d’investissement avec l’Etat portant sur un montant de 608 MDH.

Sur le plan de l’amélioration de la compétitivité du produit marocain sur le marché national et international, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime a conçu une stratégie de labellisation ainsi qu’une campagne de communication institutionnelle pour la promotion des produits de la mer, et ce, après avoir effectué un benchmark des pratiques à l’international (voir encadré).

Ceci étant, plusieurs chantiers, qui font partie de la stratégie Halieutis, restent ouverts, notamment le volet social qui concerne les conditions de travail des employés du secteur, les modalités d’encouragement des opérateurs à s’identifier en migrant de l’informel vers la pêche réglementée, la problématique du financement dans un secteur qui ne bénéficie pas facilement de l’appui des banquiers, et les efforts à consentir pour consacrer la vérité et la clarté des prix appliqués aux ressources maritimes, surtout celles provenant de la pêche hauturière.

En plus, plusieurs spécialistes parlent d’un besoin de plus en plus imminent de l’intégration de la chaîne de valeur en amont. A défaut, une grande partie des devises rapatriées, dont le montant pourrait influer positivement sur le solde de la balance des paiements, est réexpatriée pour rémunérer les biens d’équipement du secteur importés pour leur majorité.