Plan emploi : 19 000 insertions en 6 mois

21% concernent des diplômés du supérieur, 32% des techniciens et 20% des bacheliers.
On estime que l’objectif des 30 000 jeunes placés en 2006 sera
atteint.

Le Plan emploi lancé par le gouvernement en début d’année sera-t-il, contrairement au précédent, couronné de succès ? A voir les chiffres, un brin d’optimisme peut être affiché. Pour un objectif de 30 000 insertions prévues en 2006, 18 738 jeunes ont, au cours des six derniers mois, intégré le monde du travail à  travers l’Anapec (Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences), fer de lance du programme. Parmi ces jeunes insérés, 8 312 l’ont été dans le cadre de contrats insertion. Les profils des jeunes se répartissent entre diplômés des études supérieures, Bac+3 ou Bac+4 (21%), dont la plupart sont des licenciés en économie ou en sciences sociales, etc. ; techniciens et techniciens spécialisés (32% des insérés) ; bacheliers (20%) et non bacheliers (27%). A ce sujet, il faut signaler que si, pour les mesures d’encouragement à  l’embauche contenues dans la Loi de finances 2006, notamment la défiscalisation du salaire pour le premier emploi à  hauteur de 6 000 DH, l’inscription durant six mois à  l’Anapec reste obligatoire, elle ne l’est plus pour de nombreux profils. En d’autres termes, ce sont surtout les titulaires d’un diplôme d’études supérieures qui sont concernés par cette mesure. En outre, les profils payés au salaire minimum sont exonérés d’office de l’IGR, ce qui permet, dans leur cas, un assouplissement de cette condition.

L’Anapec adopte une démarche plus agressive
L’objectif fixé par le gouvernement de 30 000 insertions pour cette année 2006 est donc en passe d’être atteint, grâce aux mesures d’incitation à  l’embauche des jeunes et au virage pris par l’Anapec au lendemain de la tenue des assises de l’emploi, en septembre 2005. Déjà , en 2005, les placements de l’agence ont fait un saut de 20%, passant de quelque 17 000 en 2004 à  24 000 en 2005, et, qui plus est, 70% de ces placements ont été réalisés durant les 4 derniers mois de 2005. Ce rythme reste néanmoins insuffisant pour atteindre l’objectif des 200 000 emplois en trois ans, c’est-à -dire entre 2006 et 2008. Pour cela, il faut atteindre un seuil de presque 70 000 emplois par an, ce qui n’est pas irréalisable étant donné le nombre de fronts sur lesquels l’Anapec est engagée. Il y a d’abord tous les chantiers nationaux d’infrastructures et les grands projets touristiques o๠l’Anapec est systématiquement impliquée, sans parler du fait que depuis quelque temps beaucoup de sociétés, existantes ou en création, s’adressent à  l’agence pour le recrutement de leur personnel. Il faut dire que l’Anapec, au lieu de se cantonner dans le rôle du bureau o๠les jeunes en mal d’emploi allaient s’inscrire faute de mieux, est devenue un acteur agressif. Le plan d’action de l’agence prévoit ainsi de porter le nombre de ses représentations à  plus de 40 en 2008 au lieu de 24 actuellement.