Plan Azur : de légers retards… mais pas de soucis majeurs

A Lixus et Mazagan, la commercialisation commencera
en 2008.
L’ouverture du premier hôtel de Saïdia reportée à  l’été prochain.
La première tranche de Taghazout livrable en 2009.

Depuis sa nomination à  la tête du ministère du tourisme et de l’artisanat, Mohamed Boussaà¯d multiplie les contacts avec les professionnels du tourisme pour se familiariser avec un secteur qui a aujourd’hui le vent en poupe. Le nouveau ministre a opté pour l’approche par région et affirmé donner la priorité aux chantiers du plan Azur qui représentent, avec les Plans de développement régionaux pour le tourisme (PDRT), la colonne vertébrale de la stratégie nationale. Ce plan, avec six stations balnéaires, aujourd’hui toutes en cours d’aménagement ou de construction, s’est révélé être un bon produit d’appel pour d’autres investissements dont ont bénéficié différentes régions du Maroc. A ce propos, il est bon de savoir o๠en est la construction des six stations du plan Azur qui vont constituer une force de frappe supplémentaire dans les années à  venir. Selon un responsable au ministère, «outre les délais de réalisation des stations (ndlr : voir fiches des états d’avancement ci-dessous), l’important est que ces projets ont déclenché une dynamique puissante en matière de développement des régions, surtout que les investisseurs ont aujourd’hui confiance dans le pays, comme en témoignent les nouveaux investissements dans ce secteur».

L’essentiel, en effet, est que tous les projets soient actuellement sur les rails, à  commencer par Taghazout qui, après avoir connu quelques déboires, est «bien partie», pour reprendre l’expression de Mohamed Marouan, directeur de Taghazout Resort, société de droit marocain au capital de 1,12 milliard de DH, créée par les deux aménageurs, Colony Capital et Satocam, pour être le maà®tre d’ouvrage du projet. Et on peut ajouter qu’elle est entre des mains sûres, puisqu’il s’agit là  de deux géants de l’investissement touristique et immobilier, présents à  tous les niveaux de la chaà®ne touristique.

Kerzner opte pour l’expertise marocaine
Pour la réalisation de la première phase du projet (un hôtel, un golf 18 trous, une résidence et un beach club), livrable en 2009, Taghazout Resort dit avoir engagé les meilleurs spécialistes internationaux (architectes, paysagistes, ingénieurs, designers…) dans tous les domaines, car l’objectif est de construire une station balnéaire haut de gamme, avec des enseignes hôtelières comme Raffles appartenant à  Colony, ou Fairmont, autre joyau de l’hôtellerie de luxe. La coordination du projet est assurée par Mirage Leisure & Développement (MLD), bureau international de renommée dans le management de projets touristiques.

1 000 personnes à  recruter et former pour Mazagan
Toujours sur la côte atlantique mais plus au nord, à  El Jadida, c’est une tout autre démarche qui a été adoptée par Kerzner International, l’aménageur de la future station Mazagan puisqu’il construit lui-même intégralement la station. Mazagan, qui a été attribuée à  ce groupe sud-africain il y a de cela deux ans, a connu également beaucoup de retard pour diverses raisons. La première, connue, étant le décès de son DG. Mais, selon Patrick Sionneau, le PDG chargé des opérations, il fallait aussi étoffer le tour de table de la société et obtenir certaines garanties, notamment au niveau du foncier. Aujourd’hui, le projet est en attente de la signature de la convention d’investissement de 3 milliards de DH pour la première tranche, signature qui a été quelque peu retardée par le changement de gouvernement mais qui devrait avoir lieu dans les prochains jours. «Après, les choses devraient aller plus vite», assure Patrick Sionneau. Les travaux de réalisation de la première phase devraient durer 25 mois et l’ouverture du premier hôtel est programmée pour la fin 2009.

Ces travaux sont réalisés par trois sociétés : Besix, une société belge, en tant que chef de file, la marocaine Somagec, et enfin Deta, une société des Emirats Arabes Unis. Pour rappel, on trouve dans le tour de table, aux côtés de Kerzner, des actionnaires locaux que sont la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), la Société Maroc Emirats Arabes Unis de développement (Somed) et la compagnie d’assurance Mamda-MCMA.

En l’état actuel des choses, tous les plans de la station, plus de 4 000, sont élaborés et un concours national d’architecture sera lancé au printemps prochain pour la sélection de celui qui dessinera les plans des 150 villas de la première phase. L’aménageur constructeur affirme vouloir délibérément s’appuyer sur les compétences nationales. «Les négociations avec le gouvernement s’étant achevées dans de bonnes conditions, nous voudrions anticiper sur le recrutement et la formation qui vont démarrer à  la fin de cette année», annonce M. Sionneau. Les besoins sont, selon lui, de plus d’un millier de personnes. Une stratégie des ressources humaines est en cours d’achèvement et les programmes de formation et de recrutement seront réalisés en collaboration avec l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).
La commercialisation devrait, quant à  elle, commencer dès avril 2008, avec la mise en ligne d’un site internet dédié à  la station. Mais, déjà , les contacts pris témoignent d’un grand intérêt de la clientèle marocaine, notamment casablancaise, pour les villas, en raison de l’explosion du foncier dans la capitale économique.
Autre station, autre approche : les aménageurs de Lixus (Larache), Thomas&Piron/Orco, misent franchement sur l’hôtellerie que Marc François, président du comité de direction de Salixus, considère comme «le pivot de la réussite de la station». Il affirme avoir convaincu les meilleures enseignes hôtelières ainsi que les tour-opérateurs de faire de cette station une destination de choix sur toute l’année, avec en parallèle un intérêt pour une clientèle résidente qui passerait de 3 à  4 mois sur place, «une clientèle âgée et aisée qui montre un intérêt certain pour la station», explique-t-il. Il s’agit généralement de Marocains résidents à  l’étranger (MRE), mais aussi de Britanniques et de Français qui s’intéressent à  ce centre résidentiel. Les travaux d’aménagement ayant commencé en février 2006, la commercialisation effective débutera dès janvier 2008, et l’ouverture du premier hôtel et des villas résidentielles est prévue en 2009.
L’aménageur compte aussi construire un grand centre sportif de haut niveau, toutes disciplines confondues, dans la station, un créneau qu’il juge prometteur…
Là  aussi, si retard il y a eu, c’est en raison de l’aspect foncier et de quelques problèmes liés aux travaux d’adduction d’eau que devait prendre en charge la Régie de distribution d’eau et d’électricité de Larache (Radel). Mais, tout compte fait, Marc François estime que la plupart des problèmes ont été réglés, «même si certaines choses n’étaient pas prévues dans la convention initiale».

Pour Mogador (Essaouira), les travaux ont commencé en juin 2006 et 75% des travaux in site sont déjà  achevés. Pour cette station, qui comprend pas moins de 11 unités hôtelières, des maisons d’hôtes aussi bien que des unités résidentielles, le programme de construction s’étend jusqu’en 2014. Le premier hôtel ouvrira en 2009 et la première phase sera achevée à  la fin de cette même année.
Enfin, pour les stations de Saà¯dia et Plage Blanche, aux mains de l’espagnol Fadesa, il faut signaler que le responsable de cette société au Maroc ne semble pas vouloir faire de commentaires sur l’évolution des travaux. Malgré plusieurs tentatives, il nous a été impossible d’avoir des explications précises. Toujours est-il que Plage Blanche (Guelmim) vient tout juste de lui être concédée, ce qui laisse supposer que les premiers livrables ne seront pas prêts avant deux ans au moins. En revanche pour Saà¯dia, la première des stations du plan Azur à  avoir débuté ses travaux d’aménagement, l’ouverture du premier hôtel a été reportée à  l’été 2008, soit une année après la date prévue initialement. Nous n’en saurons pas plus!