Peu satisfaits de la hausse du SMIG, les syndicats reviennent à  la charge

L’UMT, la FDT et la CDT réclament une amélioration des revenus des salariés n Ils mettent en avant l’idée d’une baisse de l’impôt n Le chef du gouvernement appelé à  tenir ses engagements.

La hausse du SMIG n’est pas encore digérée par les chefs d’entreprises que les syndicats UMT, FDT et CDT reviennent à la charge pour demander au gouvernement de reprendre les négociations sur le cahier revendicatif qui lui a été présenté le 11 février de cette année.
C’est que les trois syndicats coalisés, réunis samedi 10 mai au siège de l’UMT, ne font pas grand cas de l’augmentation du SMIG qu’ils considèrent comme une «offre unilatérale» et surtout «insuffisante par rapport aux attentes des salariés». C’est pourquoi ils ont décidé de saisir de nouveau le chef du gouvernement «pour lui rappeler ses engagements (…)» et d’organiser une campagne nationale «pour la protection des libertés syndicales (…) et la sensibilisation à la nécessité de supprimer l’article 288 du code pénale», selon les termes du communiqué qu’ils ont publié à l’issue de leur rencontre.
Que peut encore offrir le gouvernement ? Et d’abord, en a-t-il les moyens ? Les syndicats pensent que oui. Ils considèrent que l’Exécutif peut, via la baisse de l’impôt sur le revenu, améliorer les salaires, mettant en avant «l’appauvrissement de la classe moyenne», comme le rappelait la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en visite au Maroc la semaine dernière. L’élargissement de la couverture sociale est aussi un autre moyen pour ces trois syndicats de donner un coup de pouce aux revenus des travailleurs.
Les syndicats préconisent
à l’Etat d’aller chercher
le manque à gagner fiscal chez les riches
Il faut juste rappeler ici qu’une baisse de la fiscalité sur les revenus salariaux, cela reviendrait exactement au même que si l’on augmentait directement les salaires. Et même davantage qu’une hausse directe, car dans ce cas, seul l’Etat en supporterait la charge du manque à gagner fiscal, aussi bien pour les salariés du public que du privé. Mais, après tout, pourquoi pas ? Quel en serait l’impact sur les finances publiques ? Cela dépendrait de l’ampleur de la baisse et des catégories de salariés que ça concernerait. Il serait intéressant que les syndicats en fassent la simulation et surtout qu’ils indiquent éventuellement où le gouvernement pourrait trouver une compensation à la moins-value fiscale que la mesure engendrerait.
Ils ont l’habitude de dire que si le gouvernement veut améliorer ses recettes fiscales, «il n’a qu’à aller chercher l’argent là où il est». Et l’argent, précisent-ils, il n’est pas chez les salariés, mais chez les riches. C’est sur cette considération, rappelons-le, qu’un projet d’impôt sur la fortune (ISF) avait été initié par des parlementaires proches de l’USFP, lequel projet a été par la suite transformé en Fonds de cohésion sociale, alimenté par des contributions des entreprises et des salariés n
S.A.