Peu d’engouement pour les cartes bancaires rechargeables en dotation touristique

La plupart des voyageurs trouve le cash plus sûr que la carte n Le prix des cartes varie de 100 à  200 DH par an mais un grand flou entoure les frais des opérations de paiement et de retrait à  l’étranger. En cas de perte ou de vol à  l’étranger, le client peut recevoir le montant non utilisé de sa dotation en devise.

Les Marocains préfèrent encore s’encombrer de cash à l’occasion des voyages à l’étranger. Le recours aux cartes bancaires permettant le chargement des dotations touristiques reste très limité. C’est du moins ce que rapportent plusieurs banquiers. En l’absence de chiffres communiqués par les banques pour des raisons commerciales, ces dernières affirment à l’unanimité que la demande adressée aux cartes dites de voyage ne prend pas encore. Ce constat est conforté par les déclarations du management du Centre monétique interbancaire. Selon son DGA, Ismail Bellali, sur l’encours de cartes marocaines à validité internationale émises, plus de 90% correspondent à des cartes business détenues par des chefs d’entreprises. Ce qui veut dire que les cartes de chargement de la dotation touristique représentent moins de 10% de l’ensemble des cartes marocaines à validité internationale.
«Durant les 9 premiers mois de l’année 2014, les cartes marocaines à validité internationale ont été à la base de 557 000 opérations à l’étranger, retraits et paiements, pour un montant global de 900,3 MDH, en progression de 42,1% en nombre et de 39,1% en montant par rapport à la même période de 2013. Mais ces volumes restent portés essentiellement par les cartes business», explique M.Bellali. Pour lui, il s’agit surtout d’une question de manque de confiance à l’égard de ce moyen de paiement. «La plupart des voyageurs préfèrent avoir du cash sur eux pour son caractère sûr», explique un conseiller clientèle d’une banque.  
La demande peine à se profiler, l’offre est, pour sa part, très variée. En effet, quasiment toutes les banques commerciales de la place proposent des cartes de voyage. Qu’elle s’appelle Odyssée (BMCI), Al Moussafir (CIH), Rihla (Attijariwafa bank), Voyage (BMCE) ou encore Asfar (BP), ces cartes fonctionnent presque toutes selon le même principe : ce sont des cartes Visa à autorisation systématique avec un plafond fixé à hauteur de la dotation annuelle de voyage par l’Office des changes, soit 40 000 DH, à concurrence de 20 000 DH par voyage. Elles permettent le paiement des achats, le retrait à l’international, et également le paiement sur internet. Le taux de change auquel est traité le retrait ou le paiement est celui en vigueur au moment de l’utilisation de la carte à l’international. Par ailleurs, la dotation chargée peut être utilisée en un seul ou plusieurs voyages dans la limite du plafond cité. Cette dotation, dont le montant est cumulable avec toute autre dotation, peut être majorée de 10 000 DH par enfant mineur figurant sur le passeport du parent bénéficiaire. Le prix de ces cartes varie de 100 à 200 DH par an.

Services d’assistance garantis pour rassurer les clients

Mais si les caractéristiques et les prix de confection se rapprochent et sont affichés sur les portails internet des banques, un grand flou entoure la tarification des opérations de paiement et de retrait à l’étranger. Par exemple, alors que chez BMCE Bank, le client paie une commission de 2% sur chaque retrait ou paiement effectué à l’étranger avec un minimum de 22 DH par transaction, la BMCI facture chaque opération à 1,75 dollar avec exonération des retraits effectués auprès des guichets automatique de BNP Paribas à travers le monde. De son côté, une autre banque affirme que les opérations de paiement sont gratuites, tandis qu’une autre précise que la tarification des retraits et des paiements reste à la discrétion de Visa International et varie selon les établissements concernés par les transactions. Difficile alors de s’y retrouver.  
Cela dit, les banques font la part belle aux prestations d’assistance pour convaincre leur clientèle en manque de confiance de se détacher du cash. Ainsi, pour quelques établissements, en cas de perte ou de vol de la carte, le client peut recevoir le montant non utilisé de sa dotation en devises via Western Union, partout dans le monde. D’autres banques proposent des services d’assistance offerts par des professionnels en cas de perte ou de vol de la carte à l’étranger, en l’occurrence une avance de fonds à l’étranger souvent avec un plafond de 20000 DH en plus de la prise en charge des frais d’hébergement.