Pétrole : les charges de compensation pourraient atteindre 11 Md de DH en 2007

Le gouvernement avait tablé sur un cours de 65 dollars alors que le baril se négocie à 75 dollars.
Pas de hausse des prix à la pompe. Le Budget de l’Etat devra supporter
3 milliards de plus que prévu.

Les cours du pétrole, bien que s’inscrivant légèrement en baisse au début de la première semaine d’août, restent très élevés par rapport à la prévision établie pour la confection de la Loi de finances 2007. A 75,54 dollars le baril de brent, au mardi 31 juillet, la prévision est dépassée de plus de dix dollars. Même si, le mois en cours, les analystes estiment que les cours pourraient revenir jusqu’à 70 dollars, on s’attend à des prix atteignant même les 80 dollars d’ici la fin de l’année. Le redémarrage de la croissance américaine, avec un rythme en glissement annuel de 3,4% au premier trimestre de cette année, et le refus de l’Opep d’augmenter ses quotas de production, seraient les principaux facteurs de cette flambée. Pour ce qui est du Maroc, et déjà, sur la base de 10 dollars de plus par rapport aux 65 prévus, les charges de compensation devraient atteindre, à la fin de cet exercice, quelque 11 milliards de dirhams, contre 8,3 milliards prévus dans le budget (9,6 milliards en 2006). Tous les produits raffinés dérivés du pétrole sont aujourd’hui soutenus par la Caisse de compensation et devraient continuer à l’être. Avec les élections qui approchent, il n’est pas question en effet, assurent plusieurs sources, de procéder à un ajustement des prix à la pompe, conformément au principe d’indexation, officiellement toujours en vigueur.

Les scénarios du ministère des finances dépassés ?
Selon les scénarios de la Direction des prévisions économiques et financières (DPEF) du ministère des finances, un cours moyen du baril à 65 dollars pour l’année 2007, sur la base d’un volume de consommation de 6,3 millions de tonnes, niveau moyen des cinq dernières années, occasionnerait une aggravation de la facture pétrolière de 1,6% par rapport à 2006 et de 33% par rapport à la moyenne des cinq dernières années ; soit une facture pétrolière de 25,6 milliards de dirhams. En revanche, si le niveau des prix reste confiné dans une fourchette de 55 à 60 dollars (scénario réaliste, selon la DPEF), la facture pétrolière du Maroc s’allègerait respectivement de 1,5 milliard à 3,5 milliards de dirhams par rapport à 2006. Mais ces prévisions, établies il y a plusieurs semaines, risquent d’être démenties par l’évolution actuelle du marché. Il faut rappeler en effet que sur ces deux dernières semaines, le prix du baril a dépassé le record du 14 juillet 2006, atteignant 78,41 dollars, avant de reculer de quelques cents en début de semaine.

Détail intéressant à relever : le renchérissement de la facture pétrolière marocaine s’explique moins par l’effet volume, puisque celui-ci reste relativement stable depuis 1999, que par l’effet prix.