Permis de conduire : le contrôle sera renforcé lors de l’examen pratique

Le ministère de l’équipement, du transport et de la logistique s’apprête à  équiper les véhicules d’examens de GPS et de caméras de surveillance. Des professionnels des auto-écoles continuent de réclamer la suppression du deuxième volant. Avec l’utilisation d’un écran tactile et la surveillance des salles par des caméras, l’examen théorique est devenu plus transparent.

Bientôt, des caméras de surveillance seront embarquées dans les véhicules utilisés pour l’examen du permis de conduire. C’est en tout cas l’une des mesures phare sur laquelle s’est engagé le ministère du transport dans le cadre du contrat programme signé en juin dernier avec les auto-écoles et dont La Vie éco a pu obtenir une copie. Le document, qui consacre tout un chapitre à l’amélioration du processus d’examens pour l’obtention du permis, prévoit une série d’autres mesures qui devront contribuer à faire le ménage dans un domaine longtemps sujet à des polémiques. Parmi ces mesures, le ministère prévoit l’introduction avant 2016 (date d’échéance du contrat programme) de l’équipement permettant de localiser la position GPS des véhicules utilisés pour les examens pratiques et l’obligation d’enlever le deuxième volant lors des épreuves pratiques.

Une fois appliquées, ces mesures devraient constituer un autre bouclier contre la triche. En effet, si le ministère a verrouillé, depuis 2012 déjà, les épreuves théoriques de manière à éviter toute possibilité de complaisance des superviseurs envers les candidats, des brèches restent ouvertes aujourd’hui dans les examens pratiques dans la mesure où l’examinateur peut se retrouver facilement, sans aucun contrôle, en contact direct avec les candidats. C’est le cas notamment lors de la fameuse «tournée d’honneur» pendant laquelle le candidat doit conduire dans des conditions réelles de circulation. A ce moment-là, il n’existe pour le moment aucun moyen (sauf la bonne foi de l’examinateur) de s’assurer que l’épreuve se passe dans des conditions transparentes puisque les seules caméras de surveillance (quand elles sont installées !) sont à l’intérieur du centre d’examen et que la tournée se fait à l’extérieur.

Des cas de fraude signalés lors de la tournée d’honneur

Selon plusieurs témoignages recueillis, des pratiques malsaines persistent dans certains centres d’examens. Des candidats ainsi que quelques auto-écoles ayant accepté de répondre à nos questions sur ce sujet, avancent qu’il y a des examinateurs qui profitent de la tournée d’honneur pour demander de l’argent, et, en quelque sorte, garantir la réussite. Et même pour les voitures de tourisme, il y en a qui assurent que c’est l’examinateur lui-même qui conduit à la place du candidat, en profitant du double volant. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé certaines représentations professionnelles à demander la suppression du deuxième volant que le Maroc est l’un des rares pays dans le monde où il est encore utilisé. Le ministère de tutelle a finalement répondu favorablement à cette requête.

Il reste maintenant à savoir si ces mesures ne seront pas contournées d’une manière ou d’une autre. A en croire les professionnels, l’expérience a déjà démontré la difficulté qu’ont eue les superviseurs des examens théoriques (quand ils sont de mauvaise foi !) à contourner les mesures de rigueur que pourrait imposer l’autorité de tutelle. «Jusqu’en 2012, il existait plusieurs auto-écoles qui négociaient avec les superviseurs des examens théoriques pour aider leurs candidats à obtenir le score minimum exigé (ndlr: 30 réponses correctes sur 40 questions). Mais avec la substitution du boîtier électronique par un écran tactile dans une salle surveillée par des caméras, la fraude est devenue presque impossible», rapporte un propriétaire d’auto-école dont l’expérience dans le métier dépasse les 20 ans. «Comme avec tout matériel électronique, il arrive des fois que le candidat rencontre des problèmes techniques qui le pénalisent (ndlr : comme le blocage d’une commande par exemple). Mais globalement, le nouveau système a permis de rendre l’examen plus transparent en rendant impossible le contact entre le superviseur et le candidat sans qu’ils soient sous surveillance», confirme un autre moniteur de conduite.