Pêche : l’accès à  la ressource provisoirement élargi pour soulager les industriels

Le ministère a autorisé 74 sardiniers côtiers à  accéder à  la pêcherie des petits pélagiques en Atlantique Sud. Un quota de 100 000 tonnes est accordé aux conserveries pour leur permettre d’assurer leur approvisionnement.

Le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime met en place sa stratégie «Halieutis» tout en répondant aux urgences comme les difficultés d’approvisionnement de l’industrie de la conservation et de la transformation. Et ce sont trois mesures concrètes qui viennent  d’être annoncées, coup sur coup, pour booster le secteur.

Sur le plan transversal, c’est la mise en place des plans d’aménagement des pêcheries qui est au premier plan, avec l’autorisation accordée, le 24 mars dernier, à 74 sardiniers côtiers sur 200 requérants d’accéder à la pêcherie des petits pélagiques en Atlantique Sud, un stock qui est le seul à ne pas faire l’objet de surpêche au Maroc. Cette décision vient après que l’Institut national de recherche halieutique (INRH) eut rassuré le ministère sur le niveau de la ressource, et a été arrêtée après les discussions qui ont eu lieu avec l’ensemble des représentants de la profession, syndicats et associations d’armateurs.

Le ministère a choisi les navires selon des spécifications techniques et autres. D’abord, il est fait obligation aux unités d’installer ce qu’on appelle le VMS (vessel monitoring system) qui permet au ministère de localiser les lieux de pêche des navires durant toute l’année 2012, sachant qu’ils se sont engagés à pêcher durant toute la saison dans ce seul secteur. Outre l’obligation de débarquer leurs captures au port de Dakhla, les professionnels doivent aménager et entretenir leurs cales et n’utiliser que les seules caisses en plastique. Bref, comme l’explique Zakia Driouech, directeur de la pêche maritime et de l’aquaculture, «c’est un contrat gagnant-gagnant qui a commencé le 11 avril et se terminera le 31 décembre et un quota va être déterminé et communiqué dans peu de temps» .

Les industriels pourront tourner à 80% de leurs capacités de production

Pour ce qui est des industriels de la conserve qui se plaignaient de n’avoir fait tourner leurs usines qu’à 35% de leurs capacités de production depuis octobre 2010, ce sont 100 000 tonnes qu’ils pourront prélever dans la zone Sud (21° N et 26° N). Une quantité qui leur permettra d’assurer 80% de leurs besoins.

Mais, comme le stipule la convention signée avec l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop), lundi 16 avril, cet accord concerne les petits pélagiques destiné exclusivement à l’approvisionnement des unités de conserve. Ce quota requiert l’affrètement de navires selon un cahier des charges précis. La convention est d’une durée d’une année, non renouvelable. Elle comprend aussi l’obligation de débarquer les captures dans un port marocain et l’interdiction d’exporter les produits congelés en l’état. Bien entendu, les unités de conserve ont la possibilité de se constituer en groupement d’intérêt économique (GIE) pour exploiter les quotas et assurer à leurs usines les compléments d’approvisionnement nécessaires, ce qui ne les empêche pas de continuer à acheter en priorité les apports de la pêche côtière.

Quant aux ressources d’appoint au profit des industries de traitement et/ou de valorisation existantes, le ministère n’a jugé recevables que 11 dossiers sur les 23 déposés en réponse à l’appel d’offres au profit de ces industries (voir encadré). Etant donné qu’un des groupements retenus s’est désisté, les 10 projets déclarés éligibles regroupant 32 unités industrielles, dont 14 conserveries, 17 unités de congélation et une unité de fabrication de l’huile pour consommation humaine, bénéficieront d’un quota de 101 000 tonnes. Le nombre de navires est de 25 unités dont 5 RSW (sachant que les unités côtières opèrent dans un rayon de 2 miles et les RSW sur 6 miles).

A noter que chaque point de l’accord a été minutieusement étudié et les navires qui assureront l’approvisionnement des opérateurs dûment répertoriés. On sait que les unités côtières (20 navires) ont un quota de 43 000 tonnes destinées à approvisionner 21 unités industrielles de conserve et de congélation regroupées dans 6 projets. Le reste, 58 000 tonnes, revient aux 5 navires RSW retenus pour l’opération et qui ont renoncé à leurs anciennes activités de poulpe pour se consacrer à l’approvisionnement de 11 usines de conserve, de congélation et une de fabrication de l’huile pour la consommation humaine.