Pêche : 14 halles au poisson sur 18 désormais aux normes sanitaires internationales

Elles sont certifiées ISO 9001-2000, ISO 22 000 et HACCP. Quatre sites restent à  certifier : Sidi Ifni, Tan-Tan, Dakhla et Boujdour.

Dix ans après sa mise en œuvre, le programme national de certification des halles aux poissons a abouti à la reconnaissance de quatorze des dix-huit halles nationales (voir encadré) comme étant aux normes les plus avancées en matière de sécurité et de gestion, plus précisément ISO 9001-2001, ISO 22 000 (système de management de la sécurité des aliments) et la norme HACCP (Hazard analysis critical control point). Les nouveaux marchés de gros de poisson de Casablanca et d’Oujda sont également certifiés.
Cette démarche qualité a démarré effectivement durant les années 1998-1999 suite à des recommandations de l’Union européenne (UE), premier client des produits de pêche marocains. Mais il est aussi l’aboutissement d’une réflexion du ministère de tutelle et de son bras armé, l’Office national des pêches (ONP), pour valoriser l’ensemble de la production de pêche qui souffrait épisodiquement des critiques de la clientèle essentiellement à l’export, mais aussi de différentes formes de déperdition, et ce, dès l’extraction.

Un coût difficile à évaluer

Mohamed Aboulfaouz, directeur de la qualité à l’ONP, qui a vécu les premières difficultés de la mise en place du programme raconte : «Les professionnels pensaient que nous nous sacrifions à une mode et il a fallu du temps pour qu’ils comprennent que si la certification avait un coût, elle pouvait rapporter gros et que, de toutes les manières, c’était le prix à payer pour satisfaire les exigences des marchés».
A la question de savoir combien a coûté la certification des halles, l’ONP préfère ne pas avancer de chiffre eu égard à la nature du projet. Il est expliqué que les deux volets  que sont le suivi de la conformité des infrastructures d’accueil des produits et la maîtrise de l’hygiène par le personnel, en plus de sa santé et de sa formation, ne sont pas exorbitants, mais le processus est continu.
«Nous n’avons pas établi un programme dans le sens habituel du terme, mais une démarche qu’il fallait non seulement introduire progressivement, mais pérenniser», explique Mohamed Aboulfaouz qui ajoute qu’«une certification n’a de sens que si on peut la renouveler périodiquement, la plupart du temps, au bout de trois ans».

La certification s’accompagne d’un mandat qui peut être retiré à chaque manquement

En plus des coûts fixes initiaux, il y a des charges récurrentes engendrées par différentes actions. Pour illustration, il faut toujours être prêt au moment des visites des inspecteurs européens qui se gardent bien d’annoncer ni les dates exactes ni les sites à inspecter, explique, en substance, M. Aboulfaouz. Il y en a eu une entre le 21 juin et 1er juillet 2005 puis une autre entre les 8 et 19 juin 2009 et cela va certainement continuer.
Et puis, il faut aussi savoir que les normes elles-mêmes sont loin d’être statiques. Si au départ le HACCP a été à la base du contrôle des aliments, les règles internationales et européennes ont changé en 2000, puis en 2008. Et cela changera aussi en 2014. Sur le plan interne également la donne a changé avec la nouvelle loi 28-07 sur la sécurité alimentaire qui a donné naissance à l’Office de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).
Il faut, donc, adapter la démarche en fonction des nouvelles exigences sur le plan international, la revoir à chaque fois et l’enrichir pour se mettre à niveau par rapport aux exigences nouvellement introduites mais aussi au regard du respect de l’environnement et de la protection des bassins, surtout que, désormais, on sait que l’ONP va prendre en charge la gestion des ports de pêche. Tout cela a un coût.
Un autre aspect qui empêche l’évaluation du coût des certifications est que, dans certains cas, comme à Nador ou à Laâyoune, il a fallu fermer les anciennes halles pour en construire de nouvelles pour des exigences d’hygiène et de proximité des lieux de débarquement des produits de la pêche. S’y ajoute qu’avec les financements accordés dans le cadre du Millenium challenge account (MCA), il y a d’autres chantiers de certification qui viennent d’être retenus.
Quoi qu’il en soit, la démarche de mise à niveau des quatre sites restants (Sidi Ifni, Tan-Tan, Dakhla, Boujdour) va se faire dans une autre logique. En effet, ce ne seront plus seulement les sites qui seront certifiés mais les délégations qui en ont la charge. En effet, ce concept appelé certifications multi-sites va être préconisé pour la suite du programme. Dans cette même logique, la certification s’accompagne d’un mandat qui peut être retiré en cas de manquements à l’une des normes fondamentales.