Pêche : 13 000 tonnes de poissons sortent des eaux continentales chaque année

Une dizaine d’entreprises et 3 000 pêcheurs professionnels sont à  l’oeuvre dans la pêche continentale. D’autres activités, telles que la pêche sportive, tendent également à  se développer. Le Haut commissariat aux eaux et forêts a produit 13.3 millions d’alevins en 2012 pour repeupler les barrages.

Comme chaque année, le Comité de la pêche dans les eaux continentales vient de fixer les réserves à exploiter pour la saison 2013-2014 et a annoncé dans la foulée l’ouverture de la pêche aux salmonidés depuis le 24 mars dernier, et ce, jusqu’au 13 octobre prochain. La capture des autres espèces sera quant à elle possible à partir du 12 mai prochain jusqu’au 23 février 2014. Pendant cette période, ce sont près de 3 000 pêcheurs professionnels, considérés comme tel car détenteurs de la licence délivrée par le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLD) contre une redevance annuelle de 800 DH, qui vont pouvoir se mettre à l’œuvre.

Activité aussi ancienne que la chasse, la pêche continentale s’est lentement développée au Maroc, d’abord en tant que loisir avant de devenir une occupation professionnelle. Se rendant compte du potentiel formidable dont dispose le pays en la matière, de nombreux pêcheurs exercent aujourd’hui cette activité saisonnière en parallèle avec d’autres activités telles que l’agriculture afin de s’assurer des revenus réguliers. Cependant, le manque de logistique et d’organisation dans les circuits commerciaux font que la plus grande partie du poisson issu de cette pêche est vendue sur les marchés ruraux dans le périmètre direct de la zone de pêche. Il faut donc avoir beaucoup de chance pour trouver de la carpe ou du black bass marocains sur les étalages de certaines grandes villes. D’après le Haut commissariat, les retenues d’eau marocaines produisent 13 000 tonnes de poisson chaque année.

Quant aux entrepreneurs, ils ont également senti le filon et ont investi dans le domaine ces dernières années. A l’image de Nounemaroc installée à Kénitra et spécialisée dans la production d’alevins d’anguilles. Cette dernière officialisait, il y a quelques semaines, la finalisation d’un chantier de rénovation et de modernisation de sa ferme à circuit fermé qui a nécessité 45 MDH d’investissement.

Plusieurs actions sont en cours d’exécution pour encourager les investissements

Nous pouvons également citer Pisciculture du Nord ou Asmak Nile à Mohammédia. Au total, moins de dix entreprises exercent dans l’aquaculture et la pisciculture dans les eaux continentales. Deux élèvent des anguilles, trois se consacrent au tilapia, une à la truite et deux à la carpe. «Investir dans le poisson est nouveau au Maroc. Pourtant, un projet d’élevage est très simple et ça ne coûte pas très cher», résume Mohamed Badr Laamiri, chef du service de la pêche et de la pisciculture continentales au sein du HCEFLD.

Valoriser les ressources halieutiques participe à la conservation de ces mêmes ressources. Voilà pourquoi l’institution déploie un certain effort pour promouvoir l’investissement et a mis en place des projets pilotes à l’image du projet territorial de Bni Meskine, à la retenue du barrage Massira, à côté de Settat. Les pêcheurs de la zone ont ainsi été formés à la pêche durable et ont bénéficié d’un accompagnement pour s’équiper. Trois coopératives ont aussi été créées. De la même façon, le Haut commissariat travaille au développement de circuits de commercialisation appropriés dans la zone de Settat et de Béni-Mellal. Il a également mis en place tout un programme d’accompagnement des investisseurs. «Nous avons développé une expertise, notamment à travers notre plateforme à Béni-Mellal», ajoute M. Laamiri.

En outre, le HCEFLD met à la disposition des sociétés privées intéressées, notamment dans la pêche sportive, un système d’amodiation qui leur permet de louer une zone de pêche. De cette façon, le droit de pêche est délégué à une société, charge à elle d’attribuer les permis à ceux qui en font la demande. Une dizaine de sociétés ont aujourd’hui un droit d’amodiation. «L’amodiation fonctionne par appel à la concurrence. Si la zone est ouverte à la pêche, l’amodiataire présente un projet d’aménagement piscicole. C’est à lui de prendre en charge l’investissement piscicole mais il ne doit pas modifier le lieu. Ce modèle est valable 3 ans renouvelables trois fois», précise M. Laamiri. De son côté, le HCEFLD dispose de 3 stations d’élevage à Azrou, Amghass et Béni-Mellal. La plus grande partie des poissons élevés participent au repeuplement des cours d’eau marocains. 13,3 millions d’alevins, dont 9 millions de carpes, ont été produits par l’institution dans le cadre du programme de repeuplement de 45 barrages achevé en 2012.