Papier et carton : l’activité se redresse après un début d’année difficile

Corrélé à  l’évolution des activités industrielles et aux exportations de fruits et légumes, le secteur connaît une évolution mitigée cette année. Après une baisse de 5% à  6% sur les premiers mois, une légère reprise s’est amorcée depuis mai. Les atouts ne manquent pas pour que sa croissance soit plus linéaire.

L’activité s’est légèrement redressée dans l’industrie du papier et carton, après un début d’année difficile. C’est en tout cas ce que rapportent les professionnels du secteur. Bien qu’elle soit rarement mise sous le feu des projecteurs, cette branche de l’industrie reflète pertinemment l’état de l’économie nationale dans son ensemble. A titre de comparaison, en 2012, le secteur a enregistré une croissance de 2% contre 2,7% pour l’économie nationale. Et à l’instar de cette dernière, l’activité des opérateurs a connu une année 2013 plutôt mitigée. Ils rapportent en effet que les quatre premiers mois de l’année ont été difficiles, avec une activité en baisse de 5% à 6% dans certains cas, et ce n’est qu’à partir du mois de mai qu’un léger regain d’activité a été ressenti. Cette situation s’explique principalement par le comportement des secteurs industriels qu’accompagne généralement la branche du papier et carton. Dans les dernières notes de conjonctures du HCP, on retrouve d’ailleurs la même tendance au niveau des secteurs manufacturiers. Après un premier trimestre difficile, le HCP rapporte que la production de ces secteurs a évolué positivement durant le deuxième trimestre.

Cela dit, «cette analyse ne s’applique qu’aux opérateurs travaillant avec l’industrie. Pour ceux qui accompagnent le secteur agricole, l’analyse est différente dans le sens où l’activité n’est pas forcément corrélée à la récolte, mais plutôt aux exportations», précise Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE). Pour ce dernier segment, c’est principalement le comportement de la demande européenne en tomates et agrumes qui contrôle l’évolution de l’activité. Dans ce sens, bien qu’une légère reprise ait été constatée durant les mois écoulés, il n’est pas encore temps de se réjouir en raison des incertitudes qui continuent à planer au dessus des économies du Vieux Continent. Pour rappel, «la crise européenne en général et espagnole en particulier a fait que la production nationale de carton a baissé depuis 2009, comparativement à l’année 2008 par exemple où un record a été enregistré au niveau des exportations de tomates», explique le président de la FIFAGE.

Des opportunités mais des freins aussi

C’est dire la dépendance de ce secteur de la situation conjoncturelle au niveau national, mais également à l’international. Pourtant, le secteur du papier et carton est loin de manquer d’opportunités lui permettant d’assurer une croissance plus soutenue et, surtout, plus continue. Parmi ces opportunités figurent celles liées à l’attention portée par les pouvoirs publics à certains secteurs dits «d’avenir». C’est le cas par exemple du secteur des équipementiers automobile, fortement consommateur de produits en carton et en papier. Selon la FIFAGE, les sociétés marocaines accompagnent depuis plusieurs années déjà les équipementiers installés aussi bien à Tanger qu’à Kénitra ou Meknès. Elles disposeraient même des capacités nécessaires pour répondre à la demande future du marché.

Néanmoins, plusieurs facteurs freinent le développement du secteur. «Malheureusement, beaucoup de facteurs handicapent le produit Maroc», déplore-t-on auprès de la FIFAGE. Ces handicaps concernent, selon la même source, la cherté de l’énergie, avec notamment l’absence d’un plan gazier pour le Maroc ; une réglementation énergétique qu’il faut revoir pour favoriser la cogénération ; un secteur logistique mal organisé et qui est noyé dans l’informel; et une concurrence déloyale de la part de quelques importateurs à travers le dumping. Sur ce dernier point, des demandes répétées ont été formulées par le passé aux autorités de tutelle (particulièrement quand l’Espagne a été frappée par la crise), pour justement lutter contre les opérateurs espagnols ayant investi le marché agricole dans le Sud en pratiquant des prix trop bas. Ces doléances étant à l’époque restées enfouies dans les tiroirs de l’ex-ministère du commerce extérieur, les opérateurs nationaux ont dû prendre eux-mêmes les choses en main et contourner cet handicap du prix. «Cette pratique ne nous influence plus autant vu que les entreprises marocaines ont actuellement des délais de livraisons qui défient toute concurrence étrangère», explique Mounir El Bari. En fait, pour contourner le phénomène, les opérateurs nationaux ont misé sur les délais de réponses aux commandes, un paramètre qu’un opérateur important à partir de l’étranger aura toujours du mal à maîtriser, ne serait-ce qu’en raison des délais nécessaires pour le transport.