Papelera sauvée par sa maison-mère

Cellulose du Maroc reconvertit une créance de 57 MDH en capital n Papelera n’en reste pas moins en posture critique.

Après plusieurs plans de redressement, simples cautères sur une jambe de bois, l’infortunée Papelera de Tetuan ne pouvait que se tourner vers sa maison-mère, Cellulose du Maroc, société faisant partie du groupe CDG depuis 2003. En effet, après un exercice 2003 des plus catastrophiques, à l’issue duquel même l’excédent brut d’exploitation est passé au rouge en s’établissant à -7,6 MDH et les capitaux propres intégralement consommés en totalisant -19,04 MDH (pour un capital social de 91,8 MDH), Cellulose du Maroc, actionnaire principal à 80%, s’est résigné, de guerre lasse, à recapitaliser sa filiale qu’il approvisionne aussi en pâte à papier, principal input dans la fabrication du papier.
Mais comme Cellulose du Maroc est empêtrée, également, depuis quelques années, dans des problèmes alarmants de rentabilité et n’a pu, en 2003, oxygéner sa trésorerie que grâce au concours de la CDG, cette augmentation de capital ne sera nullement réalisée par injection d’argent frais. L’opération consistera plutôt en la conversion d’une créance de 57 MDH en nouvelles actions, ce qui hissera les fonds propres de Papelera à près de 38 MDH, soit plus que les 25% du capital social stipulés par la loi sur les SA. Autrement dit, mis à part l’allègement théorique des frais financiers relatifs à une telle créance, la trésorerie de Papelera, qui a fondu comme neige au soleil, ne pourra compter cette année que sur le redressement hypothétique de l’exploitation pour sa reconstitution et non sur des apports externes. D’ailleurs, les banquiers de la société moribonde sont restés de marbre devant ses demandes d’abandon d’une partie de leurs importantes créances (204 MDH à fin 2003).
Aussi, avec des capitaux propres renfloués par simple jeu comptable, le nouveau management de Papelera, qui en a pris les rênes en mars 2004, se retrouve-t-il en «sursis» pour un semestre car, au rythme de la destruction accélérée de richesse dont a fait montre la société depuis son introduction en Bourse, en 1998, cette recharge risque de faire long feu. Aiglemer Paper, filiale à 51% de Papelera, se situant en aval de la filière (fourniture en papier du consommateur final) et qui se trouve aussi en très mauvaise posture avec une situation nette négative, risque pour sa part de plomber tout espoir de relance. Quant aux actionnaires qui détiennent le flottant en Bourse et dont une bonne partie est formée de spéculateurs téméraires, ils devront attendre les prémices d’un réel redressement – notamment un chiffre d’affaires qui reprenne des couleurs après une spirale baissière de plusieurs années et un point mort ramené à un niveau raisonnable – pour espérer voir le cours boursier reprendre de la hauteur

Avec des capitaux propres renfloués par simple jeu comptable, le nouveau management de Papelera gagne un sursis d’un semestre.