Palmier dattier : 32 000 vitroplants de mejhoul en cours de certification

Un arrêté du ministère de l’agriculture définit un mode de certification plus contraignant. Objectif : limiter l’impact du «bayoud» sur la production et l’exportation.

La lutte contre les pathologies végétales s’intensifie. Le «bayoud», maladie endémique qui touche les palmiers marocains de plein fouet, fait l’objet d’un suivi rapproché de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Un arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche maritime portant sur l’amendement du règlement technique relatif à la production, au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants de palmiers dattiers est en cours de publication. Cet amendement «permettra notamment de renforcer le système de traçabilité pour la production de vitroplants, d’instituer l’exigence d’accréditation des laboratoires par l’ONSSA et de mettre en place l’analyse bio-moléculaire comme outil d’identification variétale des vitroplants». A ce jour, 7 laboratoires privés ont adopté ce système. Les premiers plants certifiés selon ce nouveau système seront livrés fin automne 2015.

En 2011 déjà, un code de procédure définissant le système de traçabilité pour la certification des vitroplants, a été établi par l’ONSSA, en concertation avec l’INRA et les laboratoires privés agissant dans ce domaine. Ce système de traçabilité est basé sur le principe de la filiation qui consiste à contrôler tout le processus de multiplication, du choix des pieds-mères sur lesquels se font les prélèvements des rejets à la livraison des vitroplants aux agriculteurs.

La certification des vitroplants, entamée le mois courant, concerne 32 000 vitroplants de mejhoul. Elle sera généralisée à toutes les variétés concernées par les programmes de plantation, dès le début de l’année prochaine.

3 millions de vitroplants à produire

Ce procédé répond à l’objectif de production de 3 millions de vitroplants destinés à la réhabilitation et la reconstitution des palmeraies existantes sur une superficie de 48 000 ha et à l’extension des plantations du palmier dattier, à l’extérieur des palmeraies, sur une superficie de 17000 ha.

Cette mobilisation intensive est justifiée car le «bayoud» a été à l’origine du massacre, depuis le début du XXe siècle, des deux tiers de la palmeraie marocaine, notamment les variétés à haute valeur commerciale comme le mejhoul ou le boufegouss.

Outre ses vertus fruitières, le palmier dattier contribue à la préservation de l’écosystème oasien menacé par la désertification. A ce titre, l’INRA a consenti, durant les 30 dernières années, des efforts importants en matière de recherche qui ont abouti, à travers la culture in vitro, de sélectionner de nouvelles variétés productives et résistantes au «bayoud» et d’obtenir des vitroplants indemnes à partir de variétés menacées par la disparition. Les services de l’ONSSA, quant à eux, assurent annuellement, en dehors des vitroplants de palmiers dattiers, le contrôle et la certification d’environ 25 millions de plants des autres espèces d’arbres fruitiers (olivier, agrumes, amandiers, etc…).