Palais des Roses : fin du feuilleton judiciaire

Dallah Al Baraka a créé une société de droit espagnol pour racheter les dettes de l’hôtel.
Le groupe saoudien est en négociations avec Barcelo ou le CMKD pour revendre l’hôtel.

Le feuilleton judiciaire d’un des fleurons de l’industrie hôtelière d’Agadir, le Palais des Roses International (PRI), touche presque à sa fin. Et cette fois-ci, on peut gager que c’est la bonne.

En effet, le groupe saoudien Dallah Al Baraka, actionnaire majoritaire à 52% qui vit, depuis 2004, un entrelacs de démêlées judiciaires avec son associé minoritaire Lakhouja, est en passe de devenir le seul créancier (hormis l’Etat) de la société Palais des Roses International qui détient le palace et qui croule sous une dette d’environ 400 MDH pour un capital de seulement 42 MDH ! Ce changement de stratégie marque un tournant dans le processus de reprise en main par l’actionnaire de référence de son actif depuis l’éviction par décision de justice d’Helios, société gestionnaire appartenant à son associé.

De source bien informée, le groupe présidé par Cheikh Salah Kamel a finalisé récemment le rachat des créances fournisseurs totalisant plus de 70 MDH demeurés impayés depuis 2003 et ce par l’entremise d’une société de droit espagnol. Celle-ci a également acheté, en fin 2006, auprès de BMCE Bank et du groupe Banques Populaires, la totalité de la dette bancaire qui dépassait les 300 MDH. Le tout avec une décote de plusieurs dizaines millions de DH, un geste que les créanciers ont bien voulu faire ne voyant pas d’autre issue.

L’hôtel sera racheté à la valeur faciale des créances
Créée ad hoc pour un portage de quelques mois, la filiale espagnole du groupe saoudien s’apprête à faire une offre d’achat des murs et du fonds de commerce de l’hôtel au juge commercial chargé de ce dossier depuis 2005 et ce, au prix avoisinant les 410 MDH, soit la valeur faciale des créances en sa possession dont l’achat lui aurait coûté nettement moins cher. Si son offre est acceptée (ce qui est assez vraisemblable), elle n’aura donc qu’à renoncer à ses créances sur PRI qui, elle, se retrouvera sans actif majeur, sans dettes et avec un capital de 42 MDH parti quasiment en fumée.

Le groupe Dallah Al Baraka est cependant quasi assuré de compenser ses pertes par une plus-value alléchante à réaliser par son autre filiale et nouveau maître des lieux. Une offre ferme du groupe Barcelo est déjà à l’étude, selon des sources bien informées et des pourparlers avancés sont engagés, en parallèle, avec le Consortium maroco-koweitien du développement (CMKD), propriétaire de la chaîne Farah Golden Tulip qui souhaite prendre pied à Agadir.