Ourika : Le jardin secret des géants de la cosmétique

Deux cent espèces de plantes utilisées par la marque YSL Beauty sont cultivées à Ourika. Actuellement 12 millions d’unités de produits contiennent au moins un ingrédient provenant de cette région.

L’idée d’allier la culture et la recherche botanique est née en 2013, lorsque Yves Saint Laurent Beauté découvre la qualité exceptionnelle des pistils de safran cultivés dans les plaines des montagnes de l’Atlas. Sont alors conçus «Les jardins collectifs de l’Ourika». Ce site unique est consacré à la culture d’ingrédients cosmétiques, s’inscrivant dans une approche innovante de la recherche avec un espace entièrement réservé à la botanique. La marque peut ainsi suivre, selon le Groupe L’Oréal, distributeur de la marque, sa matière première naturelle et garantir une traçabilité de la graine jusqu’à la peau du consommateur. Situés à une trentaine de kilomètres de Tnine Ourika, Les Jardins Collectifs de l’Ourika sont composés de trois espaces : Le premier, qui s’étend sur plus de 20 000 m2, est consacré à la production et à la récolte de plantes utilisées dans les produits YSL Beauty, notamment la grenade, la guimauve, l’iris, le jasmin, le noyer ou encore le safran. Un jardin décoratif où s’épanouissent les citronniers et les oliviers aux côtés des iris, du safran, des calendulas, des cactus et figuiers de barbarie. Et enfin un laboratoire d’expérimentation et d’observation des plantes à partir desquelles des principes actifs sont développés. Le jardin, composé de 64 parcelles carrées qui abritent plus de 200 espèces botaniques, est cultivé selon les principes de l’agriculture biologique inspirée de la technique traditionnelle de l’irrigation gravitaire, au recours à l’énergie solaire et à des techniques agricoles excluant les entrants chimiques et respectueuses de la diversité de la faune et de la flore.
En 2020, sept ans après la création de son jardin botanique, la marque a lancé un processus de certification biologique, réaffirmant ainsi son engagement en faveur de l’agriculture régénératrice et de la restauration des écosystèmes dans les jardins communautaires d’Ourika et dans la vallée environnante. Une démarche qui s’accorde, selon les responsables du groupe, avec le programme de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes qui sera bouclé en 2030. Échéance que les scientifiques ont identifiée comme la dernière chance d’empêcher un changement climatique catastrophique.

«Beauté durable»
«Dans son approche de la beauté durable, Yves Saint Laurent Beauté a non seulement pour objectif de cultiver des plantes emblématiques d’où sont extraits des ingrédients efficaces en cosmétique et sûrs, mais aussi de respecter l’environnement et de valoriser les femmes», déclare Caroline Nègre, directrice scientifique au sein de la société.
En effet, le projet a également eu un effet positif sur les communautés locales et aussi sur les femmes vivant dans d’autres villages de la région. Depuis 2017, un groupe de 32 femmes vivant dans la région s’est constitué pour participer à l’entretien de ce jardin. L’objectif visé est de leur permettre un accès à l’entrepreneuriat et leur assurer des cours d’alphabétisation, la marque les a aussi accompagnées en proposant des formations aux métiers du jardin mais aussi à la vente et la gestion administrative.
En cinq années, l’activité des femmes de la coopérative s’est diversifiée. Outre la culture des plantes cosmétiques, la communauté s’est investie dans la gestion de pépinières mais aussi la vente de céréales ou encore de thés. L’an dernier, ce sont trois nouvelles coopératives artisanales qui ont même été créées, ce qui marque un tournant dans la démarche responsable de l’entreprise qui en plus du développement de la culture biologique ouvre un nouveau chapitre aux femmes, leur offrant ainsi l’opportunité d’être autonomes financièrement et d’améliorer leurs conditions de vie.
Ce programme que l’on peut qualifier de responsable socialement est également connecté à la terre. Depuis sa mise en place, plus de 12 millions d’unités de produits de la marque contiennent au moins un ingrédient provenant des Jardins communautaires de l’Ourika. Et les responsables de la marque tiennent à souligner que désormais 100% des nouveaux produits sont lancés par les Jardins communautaires. Par ailleurs, la marque entend participer à un programme qui permettra de restaurer plus de 1 000 hectares de terres d’ici 2025, en plus des 335 hectares d’écosystèmes déjà restaurés.