Oui, une société de transport public peut être bénéficiaire !

Alsa Grupo qui opère à  Marrakech est donnée en exemple.

Le rapport de la Cour des comptes, publié en début de semaine, a mis à nu les problèmes de la gestion déléguée au Maroc, mais il a aussi établi des constats qui peuvent servir de leçons aux autorités locales. C’est particulièrement le cas dans le secteur du transport. Plusieurs représentants communaux insistent sur le fait que le transport urbain, de par son caractère de service public, ne peut être que déficitaire. Certains élus et responsables communaux dans le Grand Casablanca sont même allés jusqu’à déclarer, à plusieurs reprises, que cette situation est vécue par quasiment toutes les grandes agglomérations dans le monde. Le rapport de la Cour des comptes démontre pourtant qu’il est possible d’assurer ce service citoyen tout en évitant les lourds déficits dont souffre la majorité des délégataires. C’est le cas de Alsa Grupo, assurant le service dans la ville de Marrakech. Au moment où des sociétés comme M’dina Bus ou Staréo voient leurs déficits s’alourdir d’année en année, Alsa affiche un équilibre financier qui lui permet d’autofinancer les investissements que lui impose le contrat de concession. Selon la Cour des comptes, dans un secteur de transport public urbain considéré comme structurellement déficitaire, Alsa a pu quand même assurer la continuité de service en couvrant ses charges par les tarifs et en rémunérant convenablement ses actionnaires. La seule compensation que le délégataire a reçue a porté sur le soutien au tarif scolaire, à l’instar des autres opérateurs et dont le montant a été de l’ordre de 5,5 MDH par an. Bien que le rapport ne cite pas explicitement les raisons de cette performance, elles pourraient bien découler du modèle opérationnel du groupe qui lui permet de miser sur des synergies. Alsa opère en effet dans trois segments différents, à savoir le transport public urbain, le transport public péri-urbain et le transport public touristique.