Ouarzazate veut devenir le leader africain des tournages cinématographiques

Elle a développé une stratégie en six volets

Un fonds de soutien aux métiers
du cinéma a été créé.

On connaissait depuis quelques années le potentiel de la ville de Ouarzazate pour l’accueil de tournages de films internationaux, mais ce dynamisme relevait jusque-là  plutôt d’actions isolées que d’un réel plan d’action structurant. Aujourd’hui, le Conseil de la région de Souss Massa Drâa entend faire de la ville, d’ici à  huit ans, le leader africain de l’accueil des tournages cinématographiques. Une stratégie a été élaborée, présentée au Souverain le 28 décembre dernier. Elle s’accompagnera du lancement d’un fonds de soutien (doté de 3 MDH) aux entreprises du secteur (production, casting, ingénierie, son et/ou lumière, costumes, location d’équipements…).

«Gladiator», «Sahara», «Alexander»…, autant de films tournés à  Ouarzazate
Il faut dire que la ville et sa région ne partent pas du néant. En 2005, elles ont accueilli le tournage de 11 films et les séquences de blockbusters mondiaux y ont été tournées. C’est le cas de Gladiator, Sahara, Kingdom of Heaven, Alexander, Babel… Sur les 789 MDH de chiffre d’affaires générés par l’industrie cinématographique en 2004, Ouarzazate a d’ailleurs accaparé la part du lion avec 352 MDH pour les seuls besoins du célèbre Kingdom of Heaven. Il n’est donc pas étonnant que la ville compte la plus grande concentration de studios de tournage du pays, à  l’image de ceux inaugurés par l’américain LCA en 2004.

Cela dit, peut-on se prévaloir seulement de grandes signatures et de grands films pour parler d’industrie ? Derrière l’argument du coût de production (30 à  40% moins cher qu’en Europe et aux USA) et de la diversité des paysages, c’est l’amont et l’aval du secteur qui ont besoin d’être organisés. En ce sens, six chantiers ont été définis par la stratégie. Primo, mettre en place une cellule (film commission) destinée à  faire la promotion du site, en faisant de la prospection et en créant un label Ouarzazate. Secondo, créer une sorte de guichet unique du producteur qui canaliserait toute l’offre des services de pré-production, production et post-production. Tertio, recenser toutes les compétences et opérer leur mise à  niveau à  travers la formation, sans compter l’émergence de nouveaux profils (scénaristes, truquistes…). Il faut savoir que, sur les 1 400 techniciens du cinéma que compte le Maroc, seule la moitié dispose d’une carte professionnelle. Quarto, instaurer une veille concurrentielle pour ne pas se faire dépasser par les pays concurrents, et ils sont légion : Egypte, Afrique du Sud, Mexique, Pologne, Tchéquie…, notamment. Quinto, mettre en place une infrastructure idoine, dont une cité du cinéma, des lieux de loisirs, des infrastructures médicales… Enfin, sexto, instaurer un système d’incitations financières pour encourager l’implantation dans la région (fiscalité allégée, simplification des procécures douanières…)