Ouarzazate attend désespérément les touristes

La destination enregistre la plus importante baisse des nuitées et le plus faible taux d’occupation à  fin juillet. Les professionnels restent optimistes mais réclament des mesures, notamment le renforcement de la desserte aérienne.

Depuis le début de l’année, Ouarzazate, comme bien d’autres destinations au Maroc, peine à être remplie. Après la brève effervescence enregistrée en 2014 grâce à une nette reprise des tournages de films, dont celui, retentissant, de Mission Impossible 5, les professionnels sont en train de revivre la mauvaise passe d’avant. Les derniers chiffres le prouvent. A fin juillet, les nuitées dans les établissements hôteliers classés ont en effet enregistré une baisse de 27%, soit beaucoup plus que la moyenne nationale (-8%) et la plus forte baisse sur l’ensemble des destinations recensées par l’Observatoire du tourisme dans ses statistiques. De la même façon, sur les 7 premiers mois de l’année, la destination enregistre le plus faible taux d’occupation avec 21% contre, juste devant, 25% à Meknès et 26% à Tétouan. Seule la durée moyenne de séjour s’est très légèrement améliorée, passant de 1,4 jour à fin juillet 2014 à 1,5 au 31 juillet dernier. A fin avril, dernières données disponibles pour cet indicateur, les arrivées avaient elles-mêmes chuté de 27%. Pour autant, les professionnels se veulent optimistes, notamment après la participation d’une délégation de Ouarzazate au salon IFTM Top Resa à Paris.

Une seule ligne internationale directe avec l’Europe

«C’est une année très difficile pour nous avec une baisse très sensible des nuitées et  des arrivées de certains marchés. Baisse qui atteint respectivement 40% dans certains établissements classés et 60% pour les arrivées de touristes français. Ces difficultés sont amplifiées par l’absence de tournages importants cette année», confie Rahou Belghazi, président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière (ARIH). Jusqu’à début octobre, 15 tournages ont néanmoins été organisés. Deux devraient démarrer à la fin de ce mois d’octobre et un important projet pourrait être concrétisé en 2016. «Nous restons optimistes pour la nouvelle saison, notamment grâce aux promesses obtenues à Paris de la part de certaines agences de voyages», poursuit M. Belghazi. Ce dernier ne manque pas de souligner le besoin d’implication des autorités dans le développement touristique de la destination et la sempiternelle question de l’aérien. Lancée en décembre 2014 par Air Europa, la route Madrid-Ouarzazate n’aura pas atteint un an puisque la compagnie l’a finalement annulée début septembre. Résultat : la seule liaison internationale directe qui fait vivre l’aéroport de Ouarzazate est vers Paris-Orly. «Nous avons besoin de vols low-cost. Nous voulons notre part», martèle M. Belghazi. En attendant, quatre éductours sont prévus d’ici la fin de l’année pour tenter de redynamiser la destination.