Oualalou veut maintenir coûte que coûte le déficit à  3 % en 2005

Il prévoit d’augmenter les recettes de privatisation de 2 milliards de DH
L’enveloppe affectée à la Caisse de compensation sera réduite de 1 milliard.

Le projet de Loi de finances pour 2005, que M. Oualalou devait présenter jeudi 7 octobre en conseil de gouvernement, a dû subir de très légères modifications par rapport à ce qui avait été annoncé lors du conseil du 16 septembre (cf. La Vie éco du 23 septembre).
Ainsi, afin de ramener le niveau du déficit des 4,1 % prévus initialement aux 3 % fixés chaque année, il fallait soit augmenter les recettes soit couper dans les dépenses à hauteur de 3 milliards de DH. La solution retenue, selon des sources informées au ministère des Finances, consiste, d’une part, à prévoir des recettes de privatisation non pas de 10 milliards, comme fixé au départ, mais de 12 milliards de DH, soit une recette supplémentaire de 2 milliards. D’autre part, il s’agit de réduire l’enveloppe précédemment affectée à la Caisse de compensation de 5,3 à 4,3 milliards de dirhams. Par rapport à la mouture initiale, le gain est donc de 3 milliards de dirhams, ce qui permet de ramener le déficit budgétaire à 3,3 % du PIB.
Tout le problème est de savoir, cependant, si la vente à Vivendi de 16% de Maroc Telecom et une ouverture supplémentaire du capital de la Banque centrale populaire pourraient apporter la recette supplémentaire escomptée! Certains en doutent.

Le prix du carburant va probablement augmenter
On peut supposer, en revanche, que la réduction d’un milliard de DH de l’enveloppe réservée à la Caisse de compensation serait le résultat d’une décision de ne pas soutenir les prix intérieurs des carburants. Ce qui se traduirait par une hausse des prix à la pompe ; à moins que l’on ait considéré que, vu le niveau qu’il a atteint sur les marchés internationaux (48 dollars à Londres et 52 dollars à New York), le baril de pétrole connaîtrait nécessairement une correction à la baisse dans les mois à venir.
Mais le niveau des recettes de privatisation n’est pas la seule incertitude qui pèse sur ce projet de Loi de finances. Le projet de fiscalisation de certaines coopératives exerçant des activités industrielles et commerciales, dont le chiffre d’affaires est égal ou supérieur à 2 millions de DH, connaît quelques difficultés d’application (sans préjudice des arrangements qui pourraient être trouvés, ou ont été trouvés au moment où nous mettons sous presse). Lors de la discussion de ce projet, mercredi 6 octobre, avec des représentants de certaines coopératives, des interrogations ont été soulevées sur le fait de savoir quelles activités précisément fiscaliser. «Est-ce que le transport dans les coopératives agricoles sera fiscalisé ? Les coopératives réalisent-elles des profits (taxables) ou des excédents (non taxables)… Les coopératives, c’est beaucoup de choses, il faut donc tirer tout cela au clair», raconte un participant à cette réunion.
Au total, le ministre des Finances devra jouer à l’équilibriste pour boucler un budget où les dépenses progressent substantiellement et les recettes évoluent laborieusement.
Jamais, en effet, le niveau du déficit prévu (3,3 %) n’a paru aussi théorique. Et encore, celui-ci a été obtenu grâce à la remise au placard de certaines demandes formulées ici et là. Ce qui s’est traduit par la non-budgétisation de 1,5 milliard de DH au titre du budget de fonctionnement, 7,2 milliards pour l’investissement et 1,07 milliard pour 17 278 postes budgétaires. Si ces dépenses, qui totalisent un montant de 9,7 milliards de dirhams, avaient été prises en compte, le déficit se serait alourdi de 2,1 % du PIB

La vente à Vivendi de 16% de Maroc Telecom et une ouverture supplémentaire du capital de la Banque centrale populaire apporteront-ils la recette supplémentaire escomptée ! Certains en doutent.