Organismes de placement collectif immobilier : les professionnels anticipent la loi

Après le véhicule d’investissement créé par le groupe Label Vie et la BERD, la CDG et CIH Bank créent leur société de gestion d’OPCI.

La situation semble évoluer du coté des Organismes de placement collectif immobilier (OPCI). Voilà près d’un an et demi que le projet de loi relatif à ces véhicules d’investissement a été adopté par le conseil de gouvernement. Avant que le texte ne soit voté par le Parlement, les professionnels ont pris les devants. La CDG et CIH Bank ont ainsi créé une filiale commune qui devrait gérer un fonds de placement collectif investi dans l’immobilier locatif, Ajarinvest, qui étudie déjà ses premières opérations. Avant eux, le groupe Label’Vie a créé, à la mi-2015, Vecteur LV, une filiale dédiée au développement des magasins et espaces commerciaux du groupe, qui accueille dans son tour de table la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

L’intérêt du marché pour ces nouveaux véhicules est palpable comme en témoigne encore une récente rencontre organisée par le cabinet de conseil en immobilier d’entreprise Business Realties, qui a fait salle comble. Les OPCI, dont le mécanisme est largement inspiré de celui des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), ont pour objet de collecter l’épargne privée pour l’orienter vers l’immobilier locatif, notamment de bureaux, ainsi que le prévoit l’actuel projet de loi. Ces véhicules sont ainsi appelés à investir dans des immeubles de bureaux neufs, anciens ou en état futur d’achèvement (VEFA).

Les titres pourront être cotés en bourse

Sur le papier, tout le monde a à y gagner. Les OPCI devraient générer une nouvelle classe d’actifs pour les investisseurs institutionnels et surtout les particuliers qui, s’ils souhaitent miser sur la pierre, n’ont jusqu’à présent pour seule possibilité que d’acheter directement des biens immobiliers. L’accès à ce placement sera d’autant plus facile que les titres pourront être cotés en bourse. En s’ouvrant à davantage d’investisseurs, le marché de l’immobilier professionnel devrait gagner en liquidité, surtout qu’il est attendu que les OPCI contribuent à mieux structurer les opérations sur l’immobilier tertiaire. Ce bienfait pousse d’ailleurs les spécialistes à recommander d’étendre le champ d’action des OPCI au Maroc aux opérations de cession, au lieu de la seule location, et au segment de l’immobilier résidentiel. Des échanges sont à ce titre en cours entre les professionnels et les pouvoirs publics pour étudier ces possibilités. Mais avant, certains toilettages réglementaires s’imposent. Un pré-requis incontournable, selon les professionnels, consiste à davantage équilibrer la législation des baux. Le cadre législatif marocain est encore trop souvent en faveur du preneur, et ce, pour favoriser la pérennité de l’activité commerciale créatrice d’emplois au détriment de l’activité rentière, notent les spécialistes de CBRE. Cet élément participe à augmenter la perception du risque par les investisseurs en prévision d’un défaut de paiement du loyer.