ONDA : "Nous ne sommes pas une entreprise de bà¢timent, le passager d’abord"

Le cabinet Capital consulting planche sur une nouvelle stratégie pour la période 2011-2016.
Une organisation provisoire mise en place pour traiter les problèmes urgents.
Un plan de départs volontaires et le recrutement de profils mieux adaptés en vue.

« L’Office national des aéroports doit être une entreprise de services et non une entreprise de bâtiment ou d’investissement». C’est la directive du nouveau directeur général, Dalil Guendouz, qui sert de fil conducteur à la stratégie en préparation. Ce qui suppose que l’office devrait, à terme, se défaire de certaines activités ou entités annexes comme l’aéropôle de Nouaceur. Auprès de la direction, on reconnaît que la tâche ne sera pas facile, compte tenu du mode de gestion qui a été, depuis longtemps, appliqué dans l’entreprise. Le résultat de ce lourd passé est un effectif pléthorique de près de 2 700 personnes avec un taux d’encadrement autour de 35% et beaucoup de profils qui, soit ne correspondent à aucun besoin au sein de l’entreprise, soit ne sont pas affectés là où ils devraient l’être, selon l’office.
Il est ajouté, que tout le personnel, notamment des hauts cadres, a vécu dans la crainte d’être remplacé ou promu à tout moment.
«Entre deux nominations, il y avait toujours des rumeurs de nouvelles nominations», résume ironiquement un cadre qui ajoute que les activités étaient souvent transférées d’une entité à une autre pour des raisons inconnues. Même s’il perturbait la sérénité, ce mode de gestion a pu se perpétuer durant de longues années parce que l’entreprise demeure très rentable grâce au monopole dont elle bénéficie et, il faut le souligner, grâce aussi à la nouvelle politique touristique et l’ouverture du ciel.
Capital Consulting, cabinet chargé de la mission de restructuration suite à l’appel d’offres lancé par l’ONDA, a donc du pain sur la planche. Pour l’heure, les consultants sont en train de réaliser un audit généralisé et doivent arrêter, d’ici la fin de l’année, une stratégie pour la période 2011-2016.

Les nouvelles nominations à la tête des aéroports entérinées

Cette stratégie, nous dit-on auprès de la direction, sera orientée vers le client. Elle sera accompagnée d’un organigramme caractérisé par la création de nouvelles directions et respectant les fondamentaux des ressources humaines, à savoir la responsabilisation et la promotion selon la compétence et le mérite. Un système d’information qui répond aux nouveaux besoins sera aussi élaboré.
La nouvelle organisation suppose, et ce sera le cas, des départs volontaires, de nouveaux recrutements en fonction des besoins, une nouvelle politique de formation, etc.
En attendant, le nouveau DG a mis en place, dès sa nomination, une organisation provisoire pour recentrer l’activité sur les services, dont une commission constituée de membres venus de différentes directions et aéroports qui a pour mission de se pencher sur la qualité des prestations offertes aux passagers dans tous les aéroports du Maroc. Gestion défaillante des flux et retards dans les livraisons de bagages ont été très fréquents au sein du principal aéroport du Royaume ces derniers temps. 
Une deuxième commission est en train de se pencher sur le réaménagement des espaces commerciaux dans les aéroports et particulièrement l’aéroport Mohammed V de Casablanca pour qu’il y ait, nous dit-on, «plus de fluidité pour les passagers et plus de visibilité pour les commerçants». En effet, beaucoup de commerçants s’étaient plaints de la manière dont les espaces ont été octroyés et certaines franchises ont même exprimé leur mécontentement en fermant boutique. Enfin, et toujours en attendant la nouvelle stratégie et la nouvelle organisation, trois autres structures de réflexion ont été mises en place.
On note d’abord le comité des investissements, dont les membres viennent de toutes les directions existantes. Ce comité est chargé de se pencher sur la pertinence et la hiérarchisation des projets d’investissement. L’idée étant d’assurer le suivi des indicateurs techniques et de maîtriser les rapports coûts/délais, souvent critiqués.
Il y a ensuite le comité des directeurs qui se réunit, quant à lui, une fois par mois pour rendre compte de l’état d’avancement mensuel et du suivi des objectifs fixés pour chaque direction. Le troisième, le comité d’optimisation des dépenses, présidé par le directeur de l’audit (poste nouvellement créé), mène la chasse au surcoût et au gaspillage.
Notons par ailleurs que les nominations effectuées dès l’entrée en fonction du nouveau DG à la tête des aéroports ont été entérinées.