Ona et la SNI injectent un milliard de DH dans Wana Corporate

Cet apport permettra de financer une partie de l’investissement en cours n Un emprunt de
3 milliards de DH sera levé sur le marché domestique avec Attijariwafa bank et le groupe
Banques Populaires comme co-chef de file.

Ona et son actionnaire de référence, la SNI, apportent un milliard de DH à leur filiale commune Wana Corporate (ex-Maroc Connect) qu’ils contrôlent respectivement à 51% et 49%. En effet, de sources bien informées, le capital de celle-ci a été hissé récemment de 441,5 MDH à 1,44 milliard de DH. Cet apport d’argent frais était attendu depuis que le troisième opérateur télécoms au Maroc a décroché, en juillet dernier, une licence mobile 3G pour un montant de 444 MDH.

Déjà engagé sur le front de la téléphonie fixe depuis l’obtention de la licence de «mobilité restreinte», pour laquelle il a signé un chèque de 306 MDH à l’Etat, et s’est engagé à investir plus d’un milliard de dirhams lors de la première année d’exploitation, Wana Corporate doit faire face à un programme global d’investissement assez ambitieux qui dépasse les 6 milliards de DH.

Celui-ci concerne aussi bien les 500 stations de base installées à travers tout le Maroc, l’infrastructure mobile CDMA 2000 EVDO que les milliers de kilomètres de fibres optiques ou encore le noyau d’agences propres du réseau de distribution qui devrait atteindre 300 unités à terme, contre 120 actuellement.

L’équilibre est prévu pour 2009
Outre l’augmentation de capital, Wana Corporate s’apprête également à mettre en place un prêt syndiqué de 3 milliards de DH avec comme co-chefs de file Attijariwafa bank et le groupe Banques Populaires. Ce qui devrait, à court terme, endiguer son déficit qui a atteint, en 2006, près de 90 MDH pour un chiffre d’affaires de 110 millions. Un scénario incontournable au regard des importants amortissements (licences et surtout investissements techniques) et des charges financières (endettement bancaire et comptes courants associés) que ne peuvent combler les revenus des premières années. D’ailleurs, le management ne compte sur un retour à l’équilibre qu’en 2009, ce qui, au regard des normes du secteur télécoms, est une véritable prouesse.

Méditelecom, dont le capital avait été porté graduellement à 8,8 milliards de DH de 1999 à 2004, n’avait, à titre d’illustration, viré au vert que près de six ans après son démarrage opérationnel, en mars 2000. Et n’eût été la prorogation de la durée d’exploitation de la licence GSM de 15 à 25 ans dont a bénéficié la filiale de Telefonica cette année-là, le purgatoire aurait certainement duré plus longtemps.