On a pêché moins de poisson en 2011, les captures en baisse de 19% !

Changement climatique, grève des pêcheurs, repos biologique et mise en oeuvre de mesures de sauvegarde de la ressource ont fait plonger les captures. Les débarquements de pélagiques ont chuté de 22%. La valeur des ventes s’est sensiblement appréciée.

La pêche a été moins bonne au cours des onze premiers mois de 2011 par rapport à la même période de l’année précédente et le mois de décembre ne redressera probablement pas la situation de manière exceptionnelle. Toutes espèces et pêcheries confondues, les captures ont chuté de 19%, à 845 726 tonnes.
La pêche côtière et artisanale a débarqué 800 000 tonnes, marquant un recul d’égale intensité. Cette évolution résulte d’une contraction de 22% du volume de pélagique. Ce chiffre est toutefois à relativiser. Au ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, on relève qu’il y a eu une production exceptionnelle des petits pélagiques au cours des huit premiers mois de 2010 et une raréfaction habituelle de ces espèces durant les premiers mois de 2011. Les mauvaises conditions climatiques et la grève des senneurs côtiers en mai, sur toute la zone qui s’étend d’Agadir à Dakhla, ont par la suite entraîné un repli drastique des captures malgré une amélioration de la disponibilité du poisson à partir de septembre. En comparaison avec une bonne année comme celle connue en 2010, l’écart devient donc significatif.
Les marins artisanaux n’ont pas perdu sur toute la ligne. Compte tenu de la réduction des volumes, les prix ont sensiblement monté. Le chiffre d’affaires s’est ainsi établi à 4,5 milliards de DH, en progression de 14% par rapport aux onze premiers mois de 2010. Les recettes tirées des céphalopodes sont, elles, en forte amélioration (+80%), à 1,6 milliard de DH. Mais dans le même temps, les débarquements ont crû de 17%, à 28 758 tonnes. Toutes les espèces qui composent cette famille ont contribué à la hausse, le poulpe dans une moindre mesure avec des captures qui ont porté sur 16 686 tonnes. Le ministère fait savoir à ce propos que les captures dans la zone au nord de l’unité d’aménagement de la pêcherie poulpière, précisément au nord de Laâyoune, ont chuté de 8 624 tonnes à 6 519 tonnes (-24%) entre les deux périodes considérées,  suite à l’application du repos biologique à partir de 2011 dans l’ensemble des côtes marocaines. Avec un prix moyen porté de 37 DH le kilo à 64 DH, les recettes générées par cette espèce se sont par contre améliorées de 75%, à 68 MDH. Il faut cependant noter que l’effort de pêche  a augmenté pour les crustacés dont le poids débarqué a augmenté de 87%, à 7 600 tonnes. La valeur a cependant évolué moins rapidement : elle totalise 252 MDH, soit 26% de plus qu’en 2010.

Reprise amorcée en novembre

Si l’on se réfère aux observations du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, l’écart entre 2011 et 2010 devrait être légèrement comprimé. En effet, on fait remarquer que la hausse des captures de pélagiques s’est accentuée dès novembre. Les volumes de la pêche côtière pour cette espèce avaient progressé de 45% par rapport au même mois de l’année d’avant. La reprise de la pêche dans l’unité d’aménagement du poulpe à partir du milieu du même mois consolide la reprise.
La pêche hauturière a aussi fait les frais de la stratégie de préservation des ressources halieutiques. Les captures ont décliné de 21% à fin novembre 2011, à 45 000 tonnes. Inversement, la valeur estimée se monte à 2,2 milliards de DH, en amélioration de 7%. Aussi bien le poisson blanc que les céphalopodes sont en recul, en volume, respectivement de 25% et 18%.
Pour la principale espèce convoitée, le poulpe, les captures ont fondu de 30%. L’explication tient en trois points : le quota a été réduit de 31% durant la campagne de janvier à juillet par rapport à celle de 2010, la flotte a aussi été rognée de 30% et la campagne de l’été a démarré tardivement. La reprise précoce de celle de l’hiver (14 novembre) offre l’espoir de garnir les cales au même titre d’ailleurs que la pêche côtière et artisanale. Pour le moment, le seul résultat tangible pour les armateurs est que le volume de calmar a augmenté de 123% grâce à une bonne campagne de janvier 2011. Dans ce segment de la pêche hauturière, le non-renouvellement de l’accord de pêche avec l’Union européenne, si les deux parties campent sur leurs positions, devrait permettre au pays de mieux gérer sa ressource et aux opérateurs locaux d’améliorer leur production, si toutefois ils réalisent les investissements requis.