Offshoring : le Maroc améliore son classement

Sur 50 pays, il est passé de la 36e, en 2008, à  la 30e place.

L’ouverture de sites fonctionnels est pour beaucoup dans l’amélioration de la compétitivité.
La hausse des coûts salariaux consécutive au manque de ressources humaines risque de peser.

Le Maroc gagne quelques places dans la cartographie mondiale des pays les plus compétitifs en matière d’offshoring. En effet, à en croire une récente étude du cabinet américain AT Kearney, grand spécialiste des études stratégiques internationales, sur 50 pays concernés par le classement, le Maroc est passé du 36e rang en 2008 au 30e, juste derrière les Emirats Arabes Unis et loin devant l’Afrique du Sud qui dégringole de huit places au 39e rang. Le trio de tête, lui, reste inchangé. On a dans l’ordre l’Inde, la Chine et la Malaisie. La domination asiatique est donc incontestable. AT Kearney explique la bonne performance du Maroc par la «disponibilité d’une large population de ressources humaines bien formée» et par «la proximité de l’Europe». Voilà de quoi mettre du baume au cœur des artisans du plan Emergence II et notamment son volet business process outsourcing (BPO) et d’information technology offshoring (ITO) qui ambitionne d’ériger le Maroc comme une destination-phare en nearshoring.

L’Egypte et la Tunisie font mieux
Toutefois, il est à relever que malgré cette remontée qui coïncide avec un exercice marqué par l’inauguration réussie (jusqu’à présent) des deux sites phare de Casanearshore et Rabat Technopolis, le Maroc reste largement devancé par plusieurs pays africains. Outre l’Egypte et la Tunisie, ses éternels rivaux, qui se classent respectivement aux 6e (+7 places) et 17e (+9 places) rangs, le Sénégal (26e) et le Ghana (15e) font également mieux. Il faut dire que dans un segment d’activité où les coûts sont un facteur déterminant dans la décision d’externalisation, le Maroc a pâti de son propre succès au cours des deux dernières années. L’implantation de plusieurs acteurs internationaux (Cap Gemini, Atos, SQLI, Sopra, Iliad, Webhelp…) et la montée en puissance d’opérateurs locaux (Finashore, Phone Assistance, Phoneo…) ont créé une tension manifeste sur les salaires des informaticiens et autres téléopérateurs. C’est encore l’un des rares secteurs épargnés par la crise internationale. La formation en nombre suffisant de ressources qualifiées demeure le défi principal de l’ambition gouvernementale en la matière.