Offres illimitées : un créneau très disputé par les opérateurs

La bataille commerciale sur les offres illimitées dans le mobile est déjà bien entamée entre Méditel et Maroc Telecom
Wana a changé la donne avec sa gratuité de «Bayn» à «Bayn»
Sur le fixe, Maroc Telecom est pour l’instant le seul à proposer une offre illimitée.

Les offres illimitées avec lesquelles les opérateurs de télécommunications tentent d’attirer les clients à la recherche de communications moins chères sont la grande mode du moment. Presque tous les opérateurs en proposent aussi bien dans le mobile que dans le fixe, et pour toutes les offres, le principe de base est le même : permettre aux clients, moyennant une somme forfaitaire, à payer en sus de leur abonnement, de bénéficier d’appels illimités. En revanche, des variantes existent d’un opérateur à l’autre, notamment sur les plages horaires ouvertes et les conditions.

Ainsi l’offre «non-stop» de Méditel se compose d’un forfait principal de 265 DH HT pour 3h30 de communication et 335 DH HT pour 5h30 de communication. A cette offre de base vient s’ajouter l’option «non-stop» qui permet de communiquer avec l’abonné Méditel de son choix, moyennant trois premières minutes payantes. Elle est facturée à 34 DH HT pour le premier forfait et 64 DH HT pour le second. Quant à la minute, elle coûte 1,26 DH HT pour le forfait de 3h30 et 1,02 DH HT pour celui de 5h30. A y regarder de près, la communication n’est pas totalement gratuite puisqu’il faut payer les trois premières minutes de communication vers un mobile Méditel avant de bénéficier de la possibilité de parler gratuitement et ce entre 8h à 18h. A cela s’ajoutent 15 SMS gratuits pour le forfait de 3h30 et 25 SMS pour celui de 5h30.

Pour Maroc Telecom, la formule proposée pour le mobile est semblable, à la différence que la communication est gratuite vers un nombre prédéterminé de numéros. Pour être intéressante, cette offre suppose qu’on appelle de manière récurrente et durant de longues périodes les mêmes numéros. Chaque forfait donne droit à un certain nombre d’appels gratuits vers des numéros de l’opérateur historique, pour une somme forfaitaire en plus de l’abonnement. Ainsi, les forfaits allant de 1h à 4h donnent droit à deux numéros gratuits pour 99 DH HT ; ceux de 5h et 15h à 5 numéros gratuits pour un prix de 99 DH HT. Les forfaits de plus de 15 heures donnent droit à 7 numéros illimités pour 199 DH HT.

Maroc Telecom reste seul sur le segment des offres illimitées pour le fixe
Pour ce qui est du fixe, seul Maroc Telecom offre aujourd’hui des formules dites illimitées selon les besoins des utilisateurs qui peuvent appeler gratuitement vers tous les fixes de l’opérateur. A signaler que cette offre, désormais connue sous le nom de«Phony», est disponible en deux formules : «Soir et week-ends» et «Tout temps», commercialisées respectivement à 120 DH et 200 DH HT. L’offre« Phony» se compose d’un forfait de téléphonie sur les destinations internationales, les mobiles et les fixes en dehors des heures de communications illimitées, et de la possibilité de communiquer sans restriction le reste de la journée.

Quant au troisième opérateur du mobile, Wana, il a opté, avec ses packs «Bayn» pour la gratuité totale pour les communications entre deux abonnés de Wana mais seulement jusqu’au mois de juillet.
Avec une telle offre, qui a changé la donne, les autres opérateurs ne manqueront certainement pas de réagir en lançant des produits de contre-offensive.

Une chose est sûre : la bagarre sur les forfaits illimités, entre autres, est prometteuse. Et elle a déjà commencé en décembre dernier quand, au moment du lancement par IAM de son produit « Phony», Méditel avait saisi l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) qualifiant la démarche de Maroc Telecom de concurrence déloyale. L’argument avancé par Méditel consiste à taxer la démarche de Maroc Telecom d’«abus de position dominante caractérisée par une captation des clients potentiels à la concurrence sur le marché du fixe». Une requête que l’ANRT a rejetée par une décision rendue publique début mars. Mais déjà, le ton est donné.