Nova Power parie sur le développement du photovoltaïque en Afrique

Depuis 2013, la société marocaine a investi 65 MDH pour le développement de projets en Afrique. Elle est présente au Nigéria, en Côte-d’Ivoire, au Bénin et au Mali. Au Maroc, elle tente de s’amarrer au projet Noor.

En février dernier, Global EcoPower, société française fondée par l’ancien PDG de Théolia et spécialisée dans la commercialisation clés en main de centrales éoliennes, annonçait l’acquisition de la société Nova Power, société marocaine spécialisée pour sa part dans le développement de projets photovoltaïques. Depuis, le deal est tombé à l’eau. «Les deux sociétés ont finalement décidé, d’un commun accord, de ne pas poursuivre ce rapprochement. Les deux sociétés évoluent de façon totalement indépendante», confie Mohammed Habbal, directeur général et l’un des 5 fondateurs de Nova Power. Depuis, Nova Power poursuit sa route, au Maroc mais surtout en Afrique subsaharienne.

Créée en mai 2013 à la suite du rachat de la société française RECA, cette société, dont le siège est à Casablanca, a pris pied au Nigéria à travers NSP Nigeria, et en Allemagne avec NP Germany, toutes deux sous la coupe de Reca France, et aux Etats-Unis, avec Nova Power America. Parmi ses fondateurs, Nova Power peut compter sur des «ténors» des énergies renouvelables, à commencer par un ancien de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et ancien propriétaire de Reca, Richard Sellers, un juriste nigérian expert du marché de l’énergie dans ce pays et une poignée d’experts marocains dans les énergies renouvelables. «Notre rôle, en tant que développeurs de projets, est de réaliser et coordonner les études juridiques, légales et techniques, et sécuriser la dette ainsi que les investisseurs desdits projets», explique M. Habbal. Depuis ses débuts, Nova Power a ainsi investi plus de 6 millions d’euros, soit près de 65 MDH, sans recours à la dette, et espère bien récolter ses premiers retours sur investissement l’année prochaine. «Le développement est un métier difficile, de longue haleine, où l’on engage d’importants fonds et où le retour sur investissement ne se fait qu’au closing financier du projet. Mais nous ne regrettons pas d’avoir choisi l’Afrique», s’enthousiasme le DG. 

Pionnier du solaire au Nigéria

Pour Nova Power, l’Afrique est l’une des régions les plus prometteuses pour le photovoltaïque. Au Nigéria, où la société est l’une des pionnières en la matière, le besoin en production d’électricité, pour une population de 177 millions d’habitants, est de 25 000 MW alors que le pays n’en produit que 3 000 MW à partir de 3 centrales à gaz, le reste étant assuré par des groupes électrogènes. Résultat, le potentiel de développement des énergies renouvelables est important. «Nous avons choisi le Nigéria car le potentiel, notamment dans la moitié nord du pays, y est énorme. Et l’environnement juridique est favorable à ce type de projets malgré la complexité du pays», poursuit M. Habbal. La société a ainsi été mandatée par l’ancien président, Jonathan Goodluck, pour un  portefeuille de projets de 500 MW, en partenariat avec Total pour une partie du portefeuille. Ce partenariat avec Total, toujours d’actualité, malgré l’arrivée à la tête du pays de Muhammadu Buhari, se compose de 3 centrales photovoltaïques d’environ 100 MW chacune dans les Etats de Nassarawa, Enugu et Ekiti. «Nous avons profité du fait que le Nigeria-Germany Energy Partnership n’est plus d’actualité», confie M. Habbal. La société dispose également de son propre projet de 125 MW à Katsina. L’aspect sécuritaire n’est pas négligé. «Nous faisons faire des études sécuritaires par des cabinets spécialisés et de renommée internationales car les investisseurs et prêteurs ont besoin d’être rassurés. Chaque tranche de 100 MW nécessite tout de même environ 200 MDH d’investissements», rappelle M. Habbal. 

Mais c’est en Côte-d’Ivoire, où la société a remporté un projet de 25 MW, que l’ambition de Nova Power est la plus avancée. «Nous sommes en train de négocier le contrat d’achat de l’électricité. Nous espérons signer très prochainement avec l’équivalent ivoirien de l’ONEE», annonce le DG. Au Bénin, la société est en train de développer un projet de 6 MW et réfléchit à se lancer, en propre, au Burkina Faso.

Croyant dur comme fer au potentiel des énergies renouvelables en Afrique, Nova Power ne néglige pas non plus le Maroc puisqu’elle a soumissionné à la phase de pré-qualification pour Noor Ouarzazate IV (70 MW), Noor Boujdour (20 MW) et Noor Laâyoune (80 MW) et au projet de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour l’exploitation et la maintenance de centrales, en partenariat avec le portugais Martifer. Détentrice du statut Casablanca Finance City, Nova Power ne regrette en rien ses choix. «Le photovoltaïque rapporte si on a les reins solides. Les projets n’avancent pas tous au même rythme car les interlocuteurs, les Etats et leurs entités, ont eux-mêmes leur agenda», souligne M. Habbal.