Nouvelles normes d’homologation pour les appareils à  gaz

Un marquage des consignes d’installation et de sécurité devra obligatoirement être apposé.
80 000 chauffe-eau sont installés à aujourd’hui.

Le ministère de l’Industrie, plus spécialement le Service de la normalisation industrielle marocaine (Snima), planche sur l’élaboration d’une nouvelle norme industrielle en vue de renforcer le contrôle des produits industriels, fabriqués localement ou importés, commercialisés sur le marché marocain. Cette volonté de renforcement s’impose, selon Abdellah Nejjar, directeur du Snima, suite aux malheureux accidents survenus il y a quelques semaines. Plusieurs personnes, rappelons-le, sont mortes asphyxiées suite à des fuites de gaz provenant de chauffe-eau. Les appareils incriminés étaient, semble-t-il, d’origine chinoise et présenteraient plusieurs défauts de fabrication. Or, selon M.Nejjar, tous les appareils sont soumis à un contrôle de Labométal, laboratoire spécialisé dans le contrôle des produits métalliques et métallurgiques, et ont été certifiés conformes à la norme de qualité marocaine. Les accidents seraient dus, selon le Service de la normalisation industrielle marocaine, «à de mauvaises installations et non pas à des déficiences des appareils». D’ailleurs, ajoute M. Nejjar, «suite aux événements, nos services ont procédé à un deuxième contrôle d’environ 80 modèles qui n’a révélé que de petits écarts sur 7 modèles. De plus, il a été établi que ces défauts ne pouvaient être en aucun cas à l’origine des accidents».

Un deuxième contrôle effectué sur 80 modèles
Au Snima, le problème se situe au niveau de l’installation des appareils, et notamment de l’étanchéité. D’où la nécessité de mettre en place une nouvelle norme qui consiste «en un marquage sur les appareils et sur l’emballage des consignes d’installation et de sécurité à observer», indique M. Nejjar. Il ne manque pas de préciser que cette norme viendra renforcer bien évidemment les procédures de contrôle industriel existantes.

En effet, depuis dix ans, plusieurs appareils, dont les appareils à gaz, sont soumis, en vertu de la Loi-cadre de la Normalisation (article 3 de la loi de 1970), à un contrôle de conformité à la norme industrielle marocaine. Qu’ils soient fabriqués localement ou importés, ces appareils sont contrôlés par Labométal. Suite à quoi une attestation de conformité est délivrée au fabricant ou à l’importateur. Cette procédure est assurée par les bureaux du Snima, situés dans les 29 délégations du ministère de l’Industrie et au port de Casablanca.

Au-delà du projet de la nouvelle norme, le Snima prépare une large campagne de communication pour sensibiliser les consommateurs, les fabricants et les importateurs aux règles d’installation. Le message véhiculé est clair, explique M. Nejjar : faire à appel à des professionnels pour les travaux d’installation. Des spots seront diffusés par les télévisions et les radios en arabe, amazigh et français, afin de toucher tous les consommateurs.

On notera cependant que le champ d’intervention des services de la normalisation industrielle est limité. Car s’ils peuvent vérifier la conformité des appareils aux normes, comment pourraient-ils contrôler que les règles de sécurité sont bien observées ? Selon le Snima, «l’arrivée sur le marché d’appareils à un coût accessible, environ 400 DH, a permis à plusieurs foyers de s’équiper en chauffe-eau et bien souvent les espaces sont réduits et les risques d’accidents augmentent». Aujourd’hui, le nombre d’appareils installés est de l’ordre de 80 000 alors qu’il y a quelques années, il variait entre 20 000 et 25 000.
Selon les services de normalisation, les accidents sont liés à la défectuosité des installations plutôt qu’à celle des appareils.