Nouvelle étape dans la libéralisation du paiement électronique

Bank Al-Maghrib vient d’autoriser MasterCard et Visa à  exercer les activités de routage des autorisations, de traitement et de compensation des flux monétiques. L’objectif est d’assurer la couverture de l’ensemble du territoire et l’adhésion de tous les types de commerce ou administration publique.

La refonte du paysage monétique national se poursuit. Après avoir perdu le monopole de la gestion des paiements électroniques, le Centre monétique interbancaire (CMI) doit aujourd’hui lâcher celui du routage des autorisations, du traitement et de la compensation des flux monétiques. Visa International Service Association et MasterCard Asie/Pacific Pte Ltd sont en effet les premiers opérateurs à obtenir l’autorisation de Bank Al-Maghrib (BKAM) pour exercer ces activités. Cette décision s’est faite dans le cadre des «orientations stratégiques de BAM visant à développer la bancarisation et l’inclusion financière». Le développement des paiements électroniques «nécessite l’amélioration des infrastructures permettant leur traitement afin d’assurer la couverture de l’ensemble du territoire et l’adhésion de tous les types de commerce ou administration publique», justifie une source interne de la banque centrale. En ouvrant ces activités à la concurrence, cette dernière espère donc stimuler le taux d’équipement des commerçants, élargir la gamme de services proposés aux consommateurs et «répondre aux besoins des opérateurs et consommateurs, dont les modes de paiement ont évolué».

«Dans un contexte de monopole, il ne peut y avoir d’innovation dans la monétique. Aujourd’hui, le Maroc compte environ 35 000 points d’acceptation des cartes bancaires mais la moitié seulement est active, avec au moins une transaction par an. Si l’on creuse bien, entre 3 000 et 4 000 points sont régulièrement actifs. 90% des transactions faites par des cartes bancaires marocaines sont des retraits et seulement 500 000 cartes sont utilisées pour les paiements», précise Faissal Khdiri, DG de MasterCard Africa.

Les deux opérateurs, dont c’est le cœur de métier sous d’autres cieux, sont donc sur les starting-blocks. L’autorisation de BAM en poche, leur objectif est de convaincre les banques et institutions financières qui proposent des solutions de paiement électronique de choisir leur offre. Contacté par nos soins, Visa n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet mais l’on sait que la procédure prendra encore quelques mois, les détails étant en cours de finalisation. Chez MasterCard, la priorité est d’étendre le réseau d’acceptation des moyens de paiement électronique. «D’ici fin 2015, nous serons fin prêts pour l’opérationnalisation. Bien avant d’obtenir cette autorisation de BAM, nous avons travaillé sur le développement du réseau d’acceptation des moyens de paiement électronique. C’est l’une de nos priorités. C’est pour cela que nous avons recruté une personne entièrement dédiée au développement du réseau», confie le DG. «La différenciation entre les sociétés en matière de Switch se fait sur la disponibilité, les services à valeur ajoutée ou encore le monitoring sur la fraude», ajoute-t-il.