Nouvelle cité d’Anfa : le délogement des militaires et des résidents retarde les travaux d’aménagement

Le déménagement des militaires à  la base de Benslimane prévu en 2009 a été repoussé à  cet été.
Une centaine de familles occupent toujours des logements dans la Cité de l’air.

Petits soucis pour la nouvelle cité d’Anfa qui viendra remplacer l’aéroport désaffecté depuis maintenant quatre ans et demi. L’ambitieux projet programmé sur 358 ha, et qui prévoit la création d’un pôle urbain moderne comprenant tour de bureaux, quartiers résidentiels et place financière et espaces verts reste encore tributaire des délogements. Annoncés pour le premier semestre de 2010, les premiers coups de pioche ne commenceront donc certainement pas cet été. De source proche de la Direction de l’agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (Auda), on reconnaît d’ailleurs que «les travaux commenceront avec quelques mois de décalage par rapport au calendrier initial». Ce retard est dû au blocage que pose la libération du foncier.
Deux problèmes en fait coexistent. Le premier est que les militaires qui occupent près de 30 % de la surface totale du site n’ont pas encore totalement déménagé, alors que leur départ était prévu pour l’été 2009. «La réalisation des infrastructures d’accueil des militaires à l’aéroport de Benslimane avance bien, le transfert devrait être entamé au cours de cet été», indique-t-on auprès de l’agence qui affirme suivre de très près les travaux à Benslimane.

85% de la superficie seront récupérés après le départ de l’armée

Le deuxième blocage est, quant à lui, relatif au refus de certains résidents de ce qui était autrefois appelé la Cité de l’air d’accepter le montant de l’indemnisation proposée par la direction de l’agence. Sur les 240 ménages qui louaient à des prix dérisoires les maisons édifiées sur le site, seule la moitié a accepté les 900 000 DH offerts à ceux qui consentent à libérer les lieux. Cette somme a été jugée insuffisante par les habitants récalcitrants. Après de longs mois de polémique, ils ont fini par porter l’affaire devant la justice, «ce qui fait traîner encore plus les choses», commente-t-on auprès de l’Auda qui a néanmoins entamé des négociations pour éviter que le dossier se perde dans les méandres des tribunaux. «Les négociations avancent bien et une bonne partie des personnes concernées ont adhéré aux solutions qui leur sont proposées», précise l’agence. Les détails des nouvelles propositions ne sont pas rendus publics et aucun délai n’est cependant arrêté.
Il faut dire que l’apurement du foncier n’est pas une mince affaire, eu égard aux différents interlocuteurs (Armée, administration, Royal Air Maroc, résidents..) mais sur les 358 ha du site, plus de 50% ont déjà été libérés et sont actuellement préparés pour la viabilisation. «Les appels d’offres des premiers travaux d’aménagement ont été lancés», assure-t-on auprès de l’Auda.
Il faut à cet effet préciser que le foncier de l’ex-aéroport d’Anfa est réparti en trois catégories. La première, appelée partie civile, est totalement libérée puisque le dernier bâtiment occupé par une collectivité locale a bel et bien été évacué. La seconde partie occupée par l’Armée royale est d’environ 125 ha, soit 35 %  de la superficie totale. Elle sera libérée à mesure qu’elle déménagera à Benslimane. Quant à la troisième partie qui représente 15 % du foncier, elle concerne les logements non encore libérés de la Cité de l’air.
Une fois les militaires partis, l’Auda disposera donc de 85 % du foncier, ce qui lui permettra de démarrer réellement le chantier. Pour un projet de cette envergure, on présume que les pouvoirs publics ne voudront pas encore perdre davantage de temps à cause de ces 54 ha, surtout que le site abritera également une place financière internationale d’un potentiel d’un million de m2 de bureaux comprenant notamment des équipements et les logements d’accompagnement. Saïd Ibrahimi, ex-trésorier général du Royaume, a été chargé, fin avril dernier, de piloter le projet de réalisation de cette City qui devrait occuper, à elle seule, 87 ha.