« Nous visons une meilleure utilisation du potentiel humain au service du développement agricole »

La mission de l’office est d’élaborer, de promouvoir et d’accompagner les actions de conseil. L’allocation en ressources humaines et matérielles est parmi les actions à  court terme à  réaliser pour pouvoir déployer la feuille de route dans les meilleures conditions.

La stratégie nationale pour le conseil agricole a été lancée en 2010. Où en êtes-vous actuellement ?
L’un des défis majeurs portés par cette stratégie est de mobiliser l’ensemble des acteurs, de coordonner et mutualiser les savoirs, les compétences, les expériences et les méthodes de travail. Une stratégie au service de l’ensemble des acteurs y compris les destinataires finaux que sont les producteurs pour les amener à s’approprier le changement.
La mise en œuvre de cette stratégie a été entamée conformément aux trois axes la constituant : la redynamisation du rôle de l’Etat à travers la restructuration et la rénovation des structures de conseil agricole et de leurs méthodes et outils de travail; le développement du conseil agricole privé pour diversifier et compléter l’offre en conseil agricole à l’intention des professionnels des filières agricoles et une plus grande implication et responsabilisation des agriculteurs et des organisations professionnelles agricoles dans la conception et la gestion de la connaissance et de la diffusion des  informations. La mise en œuvre d’un tel dispositif de conseil agricole pluriel et multi-acteur a nécessité un système de coordination optimale. C’est à cette fin qu’a été créé l’Office national de conseil agricole (ONCA).

Quel sera concrètement son rôle ?
L’ONCA a aujourd’hui pour principales missions d’élaborer, de promouvoir, de mettre en œuvre et d’accompagner les programmes et les actions de conseil agricole sur l’ensemble du territoire national. Il vise une meilleure utilisation du potentiel humain au service du développement agricole, et est chargé d’appliquer la politique du gouvernement en matière de conseil agricole, et ce, à travers l’encadrement, l’assistance et l’accompagnement des agriculteurs dans la conduite de leurs exploitations agricoles, en adoptant également l’approche genre pour une meilleure promotion de la femme rurale. Pour ce faire, l’ONCA utilisera de nouveaux canaux et méthodes innovants basés sur les nouvelles technologies de l’information et de communication ainsi que les supports audiovisuels. Ces actions se feront en se basant sur des ressources humaines mises à niveau, dotées des outils nécessaires (kits d’analyses de sol, eau, détection de maladies, matériels de suivi ….) et disposant d’infrastructures appropriées.
Le rôle de l’office se situe également au niveau du soutien des actions de développement agricole pour les projets de l’agriculture solidaire, la collecte des données relatives au secteur agricole ainsi que les actions afférentes aux intrants. Il se chargera en outre de l’interface à créer avec la formation et la recherche en assurant les actions de formation continue en matière de conseil agricole, notamment par des conventions avec les organisations professionnelles, les Chambres d’agriculture et les institutions nationales de formation et de recherche; et en diffusant les résultats de recherches appliquées. Sa mission implique également l’accompagnement des organisations professionnelles par leur encadrement en matière de techniques de production, de commercialisation et de gestion des exploitations, de conception de projets agricoles innovants et d’agrégation.

L’ONCA a tenu sa première réunion de son conseil d’administration. Quels sont les éléments phare à retenir de cette réunion ?
Outre la présentation de la stratégie nationale du conseil agricole portée par l’ONCA, cette réunion a été consacrée à la présentation du plan d’action pour l’année 2013–2014, du projet de budget, à l’organisation de l’office, au  statut particulier du personnel de l’office et aux partenariats stratégiques à conclure.
Ce plan d’action repose sur un ensemble d’axes d’intervention qui visent la mise en place des structures opérationnelles de l’office, le déploiement de la stratégie au niveau local, provincial et régional, l’animation et le management du dispositif du conseil en parfaite cohérence avec son environnement naturel qui comporte aussi bien les services du ministère, les agences et offices, les instituts de formation et de recherche, que les Chambres d’agriculture, les interprofessions et autres acteurs du secteur.
La composante suivi et évaluation est également une des actions essentielles dans la construction de tout le système. Il est clair que l’allocation en ressources humaines et matérielles est parmi les actions à court terme à réaliser pour pouvoir déployer la feuille de route de l’ONCA dans les meilleures conditions et avec l’efficacité et l’efficience escomptées. Il faut signaler que les ressources humaines (dont les conseillers agricoles) dont dispose actuellement l’ONCA constituent un atout indéniable pour son activité dans le très court terme.

Dans le secteur agricole, il y a également des opérateurs privés spécialisés dans le conseil. Peut-on concevoir une complémentarité ?
Le développement du conseil privé est un des trois axes principaux de la stratégie du conseil agricole qui vise l’instauration de la profession de conseiller agricole pour améliorer le taux de couverture, et pour mettre à la disposition des agriculteurs un conseil agricole diversifié et de qualité.
En effet, la conjugaison de l’offre publique et privée permettra à l’horizon 2020 d’améliorer le taux de couverture du conseil agricole pour atteindre celui recommandé par la FAO d’un conseiller pour 1 350 agriculteurs. Les besoins annuels en conseillers qui découlent de cet objectif seront ainsi comblés par le conseil public dispensé par l’Etat mais également par le conseil privé.
Par conséquent, cette profession de conseiller agricole privé constituera un relais de l’Etat, dans un cadre contractuel, pour l’encadrement des agriculteurs et de leurs organisations.