Noms de domaines : la nouvelle plateforme de gestion des «.ma» avant la fin de l’année

Le nouveau dispositif vient répondre aux dysfonctionnements relevés par les prestataires commercialisant les noms de domaines «.ma». Un nouveau cadre réglementaire devrait également entrer en vigueur très prochainement n Maroc Telecom assurera la gestion de la plateforme pour les sept prochaines années.

Est-ce le bout du tunnel pour les prestataires qui commercialisent les noms de domaines «.ma»? Plusieurs d’entre eux se plaignent en effet depuis des  mois de problèmes liés à la plateforme de gestion administrée par Maroc Telecom. Aujourd’hui, l’ANRT prend le taureau par les cornes et prépare une révolution dans ce secteur.

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que la gestion des noms de domaines «.ma» a historiquement été assurée par l’ex-Office des postes et télécommunications. Itissalat Al Maghrib (IAM) en a donc hérité lorsqu’elle s’est substituée à l’office. La commercialisation se fait quant à elle à travers des prestataires de services reconnus par l’ANRT (en plus de Maroc Telecom). A ce jour, aucun incident majeur provoquant l’instabilité ou le dysfonctionnement de la zone «.ma» n’a été constaté, selon l’ANRT. Cette dernière reconnaît cependant que la plateforme n’offre pas certaines fonctionnalités de façon automatisée. D’où les actions menées en vue, d’une part, de réviser le cadre réglementaire régissant cette gestion, et, d’autre part, de mettre en place une nouvelle plateforme conforme aux standards et protocoles internationaux adoptés en matière de gestion des noms de domaines. La décision a été définitivement prise en début d’année lorsque l’ANRT et Maroc Telecom ont signé une convention pour l’externalisation de la gestion technique et administrative de la plateforme «.ma» pour les sept prochaines années.

Les détenteurs des noms de domaines ne sont pas toujours bien identifiés

Selon les dernières informations disponibles auprès du régulateur, la nouvelle plateforme devrait entrer en service dès le quatrième trimestre de l’année en cours.
Parallèlement, «l’ANRT procède actuellement à la révision des aspects réglementaires relatifs à la gestion des noms de domaines «.ma» et la définition du cadre réglementaire régissant la gestion des noms de domaines en caractères arabes sous la nouvelle extension «.ma»»,confirme-t-on auprès de l’agence. Une première version de «la décision de nommage» (ndlr : de la charte régissant la gestion des noms de domaines «.ma») a été soumise aux professionnels en juin. Leurs commentaires devant être pris en compte dans le nouveau dispositif légal sont en cours de traitement.

Il reste maintenant juste à savoir si ces changements programmés par l’ANRT permettront de résoudre tous les problèmes. Pour ce qui est des requêtes qui lui ont été soumises concernant les dysfonctionnements, l’agence assure intervenir, quand c’est nécessaire, auprès de Maroc Telecom pour les résoudre. Cependant, vu le nombre important des critiques formulées, il sera certainement difficile d’y répondre en totalité lors de la concrétisation des deux projets. De quoi se plaignent donc concrètement ces prestataires ?
Selon ADK Media, un des prestataires ayant osé lever la voix, il s’avère que les problèmes dans ce domaine sont à la fois d’ordre opérationnel et procédural. D’abord, ils concernent l’identification même des détenteurs des noms de domaines. Selon le prestataire, les données personnelles ne sont pas toujours mises à jour dans des délais raisonnables, ce qui pose problème lors de la commercialisation du nom de domaine. Concrètement, il arrive qu’un client commande auprès du prestataire un nom de domaine qui est en fait déjà pris ou réservé par un autre client sans que la base de données ne le mentionne. Des reproches sont également formulées sur les questions liées au traitement de certaines requêtes par les services techniques de Maroc Telecom et qui dépassent parfois les 48 heures prévues dans le contrat. De même, la procédure en place pour la gestion des résiliations ou expiration des noms de domaines est sujette à polémique, dans le sens où elle peut engendrer parfois la réactivation et la facturation automatique d’un site résilié. Plusieurs autres problématiques sont aujourd’hui rapportées par les prestataires, avec l’espoir que l’ANRT puisse trouver le moyen de les résoudre dans le cadre de la refonte de ce secteur qu’elle s’apprête à engager n Y.T.