Nicolas Hulot promeut un modèle économique sans carbone

Les conséquences du changement climatique pèsent de plus en plus lourd sur le PIB mondial. La réussite de la Conférence de Paris est tributaire des Etats-Unis et de la Chine, qui représentent près de 40% de l’ensemble des émissions de gaz à  effet de serre.

«Conférence de Paris sur le climat (COP 21) : Quels enjeux pour l’avenir de notre planète ?». C’était le thème de la conférence qu’a donnée, le 1er juin, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République française pour la préservation de la planète, à l’Université Internationale de Rabat (UIR). Le sommet de Paris, qui se tiendra au mois de décembre prochain, a pour objectif d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays et qui limite le réchauffement climatique en deçà de 2°C. A noter qu’au-delà de ce seuil, notre incapacité à résorber le réchauffement climatique deviendrait irréversible. Mais trouver un accord sur le climat n’est pas chose aisée, car les intérêts et la perception des responsabilités diffèrent sensiblement en fonction des Etats. A ce titre, Nicolas Hulot considère que «réunir 195 Etats pour les convaincre de renoncer à exploiter 70% des énergies fossiles qui leur sont facilement accessibles est un exercice périlleux». Il n’empêche que, pour lui, «la réussite est à ce prix, car la planète peut se passer de l’Humanité, mais l’Humanité ne peut pas se passer de la planète». On remarque, par ailleurs, que les conséquences du changement climatique (pollution atmosphérique, ouragans, sécheresses, désertification, etc.) pèsent de plus en plus lourd sur le PIB mondial.

L’autonomie énergétique serait un facteur d’équité et de stabilité dans le monde

Pour le conférencier, ce sont les Etats-Unis et la Chine qui détiennent les clés de la réussite de la Conférence de Paris, dans la mesure où ces deux pays représentent, à eux seuls, près de 40% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de la planète. L’une des solutions à la problématique du réchauffement climatique est de se désengager progressivement des énergies fossiles, en commençant par réduire les aides et les subventions accordées par les Etats à ces énergies et qui s’élèvent à prés de 650 milliards de dollars par an. De même que les quinze pays les plus émetteurs, qui représentent 70% des émissions de gaz à effet de serre, devront accorder un avantage compétitif aux investissements bas carbone. Le but recherché est d’aboutir à un modèle économique «sans carbone».

L’envoyé spécial du Président français pour la préservation de la planète, qui s’est félicité que le Maroc ait abandonné un certain nombre de subventions aux énergies fossiles, a également appelé à la création d’une organisation mondiale chargée de l’environnement, au même titre que l’Organisation mondiale du commerce, ainsi qu’à l’institution d’un Prix du carbone.

Nicolas Hulot a également évoqué sa vision du modèle énergétique de demain, où chaque pays aurait la capacité de produire sa propre énergie à l’intérieur de ses frontières. L’autonomie énergétique serait un facteur d’équité et de stabilité dans le monde. Car s’il est vrai que le changement climatique constitue une menace pour notre planète, il peut aussi être une formidable opportunité pour l’espèce humaine.