Nettoyage dans le travail temporaire

Les sociétés d’intérim acceptent de payer une caution équivalant à  50 fois le Smig annuel pour assainir le secteur
Des critères d’éligibilité à  l’autorisation d’exercer seront mis en place.

Les professionnels de l’intérim sont décidés à  assainir leur secteur, envahi par une multitude de sociétés «qui cassent les prix des prestations au détriment des droits des travailleurs», indique Zahir Lamrani, président de l’Union marocaine des entreprises de travail temporaire (Umett). Il faut dire que 200 sociétés ont été créées ces deux dernières années, dont la plupart ne déclarent pas à  la CNSS leurs salariés ni ne paient leurs indemnités de congé réglementaire, se plaignent les professionnels.

200 sociétés d’intérim créées au cours des deux dernières années !
Pour mettre fin à  cette anarchie, l’Umett a convenu avec le ministère de l’emploi de l’application stricte de l’article 483 du code du travail. Y figure en premier la production d’un certificat délivré par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) attestant du dépôt d’une caution d’un montant équivalent à  50 fois la valeur globale annuelle du salaire minimum légal (Smig). On se souvient que le niveau de cette caution avait été jugé trop contraignant alors qu’elle est en vigueur depuis trois ans.

Mais avec la prolifération d’entités «ne respectant aucune éthique du métier et aucune expérience en ressources humaines», l’Umett a fini par admettre la nécessité du paiement de la caution comme préalable à  l’exercice de l’activité intérim, en attendant un amendement en vue d’une baisse. Une réunion est prévue entre l’Umett, le ministère de l’emploi et la CDG pour examiner les modalités pratiques du paiement de la caution.

S’agissant des autres critères à  remplir pour l’exercice de l’intérim, l’Umett, lors de sa dernière rencontre avec les responsables du ministère de l’emploi, a convenu avec ces derniers de l’organisation d’une rencontre avec l’ensemble des professionnels afin de «finaliser les conditions requises» pour l’octroi d’une autorisation d’exercer, conformément à  l’alinéa 2 de l’article 483 du code du travail.

Organisation
Une fédération pour le travail temporaire ?

Pour mieux organiser le secteur et le protéger des sociétés qui pratiquent le dumping, l’Umett a appelé les autres associations de travail temporaire à  se regrouper dans une fédération qui sera placée sous la houlette de la CGEM, laquelle, selon le président de l’Umett, Zahir Lamrani, «appuie cette initiative».

Des contacts ont été pris avec les sociétés de gardiennage et de nettoyage. Reste à  connaà®tre la position de l’Aetto (Association des entreprises de travail temporaire transparentes et organisées) dirigée par Jamal Belahrech, patron de Manpower, que nous n’avons pu joindre à  l’heure o๠nous mettions sous presse. Ce dernier serait, selon certaines indications, prêt à  discuter de cette nouvelle organisation à  condition que les entreprises qui ne sont pas en règle, avec la CNSS notamment, soient exclues de l’Umett. «Qu’on nous cite des noms, preuve à  l’appui, et nous ferons le nettoyage à  l’Umett», répond M. Lamrani.