Nette reprise des circuits touristiques

L’activité a évolué entre 10% et 20% en 2017 par rapport à 2016. La reprise se confirme pour les marchés européens, notamment français. Les circuits combinés Sud et villes impériales sont les plus prisés.

Les circuits touristiques semblent reprendre de plus belle au Maroc. Les voyagistes et réceptifs marocains parlent d’une croissance à deux chiffres de l’activité (entre 10 et 20%) en 2017 par rapport à une année 2016 jugée morose. Des agences mono-marché avaient même mis la clé sous le paillasson faute de clients. Aujourd’hui, la tendance est à la création d’agences de réceptifs ou DMC (destination management company). «On assiste dorénavant à la naissance au Maroc d’agences spécialisées dans le marché chinois tenues par des Chinois eux-mêmes», fait savoir Sidi Mohamed Cherif Alami, directeur international chez Atlas Voyages. Outre l’embellie du marché de l’Empire du milieu (enclenchée depuis la suppression des visas aux ressortissants chinois), la reprise se confirme pour les marchés européens et notamment français, très friands de circuits touristiques. D’après les chiffres de l’Observatoire du tourisme arrêtés à fin août 2017, les arrivées de touristes français se sont appréciées de 22% par rapport aux 8 premiers mois de 2016. Les arrivées de touristes espagnols ont, elles, progressé de 25%. Pour les touristes italiens et américains, la hausse est respectivement de 10% et 39%.

Les agences spécialisées reprennent espoir. Youssef Salah, DG de Kermaroc, agence de voyages basée à Marrakech, partenaire de Karavel/Fram/Promovacances et spécialisée dans le marché français et dans une moindre mesure espagnol, belge et chinois, annonce une croissance de 70% de l’activité des circuits touristiques en septembre et octobre 2017 par rapport à la même période de 2016. «Les résultats des négociations entreprises avec des tour-opérateurs français à Top Resa ont été satisfaisantes. Dans ce cadre, nous avons reçu beaucoup de demandes pour les circuits touristiques au titre de l’année 2018», déclare Youssef Salah. Bonne nouvelle donc pour l’industrie du tourisme national, d’autant plus que les circuits touristiques apportent de la valeur ajoutée au secteur et aux entreprises de tourisme.

Seulement 10 à 15 agences ciblent tous les marchés émetteurs

«Le circuit touristique fait appel à une chaîne de 13 à 15 fournisseurs différents. L’agence de voyages traite, elle, les demandes d’hébergement, de restauration et de logistique. Elle négocie avec l’entreprise de transport touristique et contacte les guides touristiques. De plus, l’agence se doit d’offrir une prestation de qualité pour des groupes constitués de 30 à 40 personnes. Dans la formule All Inclusive, le TO ne fait appel qu’au transport touristique pour un transfert aéroport-hôtel et encore», explique Sidi Mohamed Cherif Alami. Outre les bénéfices apportés à l’économie du tourisme, les circuits ont le mérite de challenger les voyagistes marocains qui innovent dans leur produit pour rester dans la course. «Il a fallu innover pour rendre nos circuits attractifs en réduisant la durée du séjour et en proposant des produits mixant le Sud, le désert et les cités. Ce nouveau concept a permis de relancer l’activité avec une véritable valeur ajoutée», déclare le DG de Kermaroc.

Le circuit Sud combiné à celui des villes impériales est le plus demandé par les touristes. «Chefchaouen plaît également aux touristes chinois et américains. C’est une destination à la mode très bien vendue par l’ONMT grâce notamment à sa mise en avant par Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook», analyse Cherif Alami. Les atouts sont indéniables. Encore faut-il mieux les exposer auprès des plus grands marchés émetteurs.

Selon le directeur international d’Atlas Voyages, il y aurait une centaine d’agences de réceptifs dont une cinquantaine connues. Mais seulement 10 à 15 agences travaillent sur tous les marchés. La concurrence reste pourtant rude. «Il faut diversifier le plus possible les marchés émetteurs et chercher plus loin en Asie et aux Etats-Unis. C’est la seule manière de multiplier les sources de revenus. Chez Atlas Voyages, nous avons engagé un staff chinois dont des guides locaux. Jusqu’à maintenant, aucun guide marocain ne parle chinois. Nous avons besoin de tours leaders qui traduisent tout le circuit en chinois», explique Chérif Alami.

Au delà des insuffisances qui entravent le développement soutenu du secteur, les DMC marocains s’attendent à une bonne année 2017 dont les ondes positives se poursuivront en 2018. Pourtant, l’âge d’or des circuits touristiques a l’air d’être hélas révolu. Il y a quelques années, 60 à 70% du chiffre d’affaires des agences marocaines provenaient des circuits. Un chiffre réduit de moitié à cause de l’arrivée de booking, airbnb et les autres gourous du voyage à travers le web.