Net recul des émissions en 2003

Seulement 6,76 milliards de DH ont été demandés, contre
9,63 milliards une année auparavant.

Les émissions de la dette privée sont en recul. L’année 2003 s’est achevée sur un volume de 6,76 milliards de DH contre 9,63 milliards de DH en 2002 (-30 %). Et pourtant, selon des analystes contactés par La Vie éco, plusieurs ingrédients militaient pour une dynamisation de ce marché, à commencer par la surliquidité persistante et la baisse des taux directeurs. Dans un tel contexte, l’engouement des émetteurs pour ce genre de financement et des investisseurs pour du papier privé mieux rémunéré que les bons du Trésor, aurait dû être plus prononcé.
Il n’en a rien été. Hormis les émissions adossées aux créances hypothécaires titrisées du CIH (1 milliard de dirhams), les émissions concernant les titres de créances ont affiché des rétractions plus ou moins significatives.
En 2003, les obligations, elles, ont chuté de 2 milliards de DH (-40 %), pâtissant en cela du non-renouvellement d’opérations d’envergure réalisées en 2002 (l’ONCF et l’ONA avaient émis respectivement 2,4 et 1,2 milliards de dirhams). Les Bons de sociétés de financement (BSF) ont reculé de 9,5 % en s’établissant à 1,9 milliard de dirhams. Cela, malgré l’allègement accordé par Bank Al Maghrib aux sociétés de financement en hissant le plafond d’encours des BSF à 50% du total engagement, contre 40 % auparavant. Quant aux billets de trésorerie, ils ont fondu de 57 %, à 626 MDH.

Certificats de dépôt : le Fonds d’équipement communal seul acteur ou presque
Enfin, les certificats de dépôts réservés aux banques sont en baisse régulière depuis plusieurs années. Les nouvelles émissions sont presque entièrement le fait des levées opérées par le Fonds d’équipement communal (FEC), soit 183,4 MDH).
Au-delà des variations annuelles, le marché de la dette privée souffre principalement de la quasi-absence du marché secondaire et de l’inexistence d’agence de notation. Seul bémol à ce constat : les innovations qui ont été introduites cette année par BMCE Bank, avec ses obligations subordonnées, et Risma, avec ses obligations remboursables en actions, devraient rendre ce marché plus profond, notamment si elles viennent à se reproduire.
Malgré ces insuffisances, il n’en demeure pas moins que le Maroc présente un marché de la dette privée plus dynamique que des pays à économie comparable. Les encours à fin octobre 2003 s’élevaient à plus de 30 milliards de DH et représentaient ainsi quelque 10 % des concours à l’économie. Ce taux de désintermédiation est ainsi largement supérieur à celui de la Tunisie (3,5 %) ou de l’Egypte (moins de 1 %) mais toujours loin des 70 % du marché américain.
Cela dit, en 2004, le marché des obligations pourrait être plus animé. Un certain nombre d’entreprises ont des programmes déjà ficelés : Redal devrait lever 500 MDH pour rembourser par anticipation une dette bancaire, BMCE Bank et Autoroutes du Maroc prévoient également des levées du même ordre.