NAPS s’apprête à lancer ses activités d’établissement de paiement

La société émettra des cartes bancaires adossées à un compte ouvert auprès de BMCE Bank of Africa. Les cartes peuvent être rechargées librement. La fintech veut contribuer à l’essor du paiement sur TPE et du e-commerce.

NAPS, filiale de M2M Group, veut être en première ligne dans la révolution qui se prépare dans le secteur de la monétique au Maroc. Depuis juillet 2012, date de publication de son agrément au Bulletin officiel pour opérer en tant que «société de financement spécialisée dans tous les moyens de paiement utilisant un support électronique ou leur gestion», la fintech marocaine a entrepris plusieurs chantiers et investi des millions de DH. Objectif: offrir des solutions de paiement électronique plus commodes, moins chères, plus transparentes et avec plus de choix et de convivialité. D’après son management, en effet, la société a lancé fin 2012 plusieurs projets pour mettre en place les structures de gestion, d’exploitation et de gouvernance. «En 2015, nous avons reçu l’agrément de Bank Al-Maghrib avec trois nouveaux acteurs pour exercer l’activité de switching et de compensation. En vertu de cet agrément, NAPS a initié les démarches requises pour être interconnecté au réseau monétique national», informent ses dirigeants. Aujourd’hui, ce processus a été clôturé avec succès et les cartes NAPS sont reconnues dans tous les GAB et terminaux de paiement. «Sur ces chantiers d’infrastructures organisationnelles et technologiques, 60 MDH des 120 millions du programme d’investissement ont été engagés», assure la direction générale. Et d’ajouter : «L’enjeu était de mettre en place une structure solide, basée sur un modèle économique novateur et sur des capacités technologiques garantes d’un développement agile entièrement centré sur l’innovation et la proximité». Actuellement, les plateformes technologiques s’apprêtent à accueillir les flux de transactions et les traitements issus des moyens et des canaux de paiement électronique.

Le client débourse 6 DH à partir de la deuxième recharge

La société, forte de l’expertise de sa maison mère M2M, conçoit et fournit des moyens et des services de paiement électronique innovants. NAPS, membre principal de Mastercard International et membre associé de Visa Inc., émettra des cartes de paiement prépayées rechargeables permettant de faire des retraits, régler tous ses achats sur TPE, payer en ligne en toute sécurité, transférer de l’argent de carte à carte de façon commode à moindre coût, offrir un cadeau qui peut être dépensé partout, donner une autonomie contrôlée à son enfant, gérer et contrôler ses budgets et ses dépenses en toute autonomie via plusieurs canaux (mobile, Internet et en agence), sans découvert possible, sans frais caché. Selon les détails fournis à La Vie éco, les cartes seront gratuites et peuvent être alimentées moyennant 6 DH la recharge à partir de la deuxième fois. Elles seront adossées à un compte bancaire que NAPS détiendra auprès de BMCE Bank of Africa, dit «Compte de cantonnement» et qui abritera lui aussi des sous-comptes prévus pour loger les flux de transactions de la société et ses clients. En effet, NAPS veut, d’une part, apporter un service financier de base à une vaste population non bancarisée ou sous-servie par l’offre conventionnelle des banques. Selon l’étude menée en 2014 par Bank Al-Maghrib en collaboration avec la Banque Mondiale sur l’inclusion financière, 13 millions d’adultes marocains sont exclus du système financier, et seulement 41% des adultes marocains utilisent un produit/service financier formel. Plus interpellant encore, 43% des Marocains bancarisés sont insatisfaits des services fournis et estiment qu’ils disposent de peu d’informations sur les produits financiers.

Des opportunités sont ouvertes par les facilités accordées aux établissements de paiement

D’autre part, la fintech veut contribuer à l’essor des paiements sur TPE et paiements e-commerce et généraliser leur acceptation à travers tous les secteurs, y compris l’e-Gov et le transport. Force est de constater que les cartes restent majoritairement utilisées pour les retraits d’espèces sur GAB, avec une moyenne de 20 opérations de retraits GAB par carte par an. Chaque carte réalise en moyenne 2 transactions de paiement par an (incluant les paiements TPE et e-commerce), d’après les données du CMI. Au Royaume-Uni, cette moyenne est de 192 transactions/carte/an, 174 en France, 50 en Afrique du Sud, et 38 au Kenya. Si on considère uniquement le secteur du commerce de détail, qui compte, d’après les statistiques du programme Rawaj, 1,2 million de commerces formels, le taux d’équipement en TPE est de l’ordre de 1,8%. Au niveau mondial, ce taux est de 78% au Canada, 63% aux Etats-Unis, et 27% en Turquie. «En d’autres termes et selon les indicateurs utilisés par la Banque Mondiale, le Maroc compte 647 terminaux de paiement par million d’habitants. Le Brésil en compte 33 000 TPE par million d’habitants, la Turquie 4000 et l’Inde 1 800», conclut le management de NAPS.

A date d’aujourd’hui, une phase pilote prévue en deux temps se déroule sur les trois premiers mois de l’année. La première partie porte sur les activités monétiques «usuelles». La deuxième est consacrée aux activités monétiques «novatrices» qui regroupent les applications et services exclusifs de NAPS destinés à transformer l’usage des moyens de paiement électronique et à réinventer les valeurs de l’utilité, de la transparence et de la convivialité. 

Selon la direction, les activités de la société gagneront en agilité et flexibilité à travers les facilités liées aux «Etablissements de paiement», prévues par les circulaires 6/W/16 et 7/W/16 publiées en juin 2016, actuellement au niveau du SGG en attente de publication au Bulletin officiel. L’entreprise a fait évoluer sa gouvernance et son modèle économique pour être conforme aux nouvelles dispositions prévues dans lesdites circulaires.

Initié en 2015, le réseau de franchise de NAPS composé aujourd’hui de 100 franchisés a démarré ses activités dans le cadre du programme national de remplacement des permis de conduire papier par des titres électroniques. Présent à travers tout le territoire national, ce réseau a pu gérer plus de 2,5 millions opérations de service depuis mi-2015 et délivrer près de 1 million de titres électroniques. Selon l’entreprise, cette expérience a permis de qualifier près de 80 franchisés qui ont démontré leur capacité à réaliser une excellente performance et à garantir un haut niveau de satisfaction client, aux standards internationaux dans les métiers de l’économie digitale.