Nabil Benabdellah lance l’enquête nationale sur la demande en habitat

Elle cherche à  cerner très finement les attentes des ménages urbains et ruraux en matière de logement en corrélation avec plusieurs facteurs (pouvoir d’achat, épargne…). Les résultats de l’enquête permettront l’élaboration d’une cartographie par régions et par villes des besoins en logements détaillés par standing, superficie, équipements…

Avec un retard de plusieurs mois sur son planning initial, le ministère de l’habitat vient de lancer son enquête nationale sur la demande en logements. Celle-ci permettra d’abord de remonter des informations sur le parc de logements existants, le précédent sondage similaire remontant à 2011. L’on se pose immanquablement la question de savoir si cette enquête ne fait pas doublon avec le recensement du Haut commissariat au plan (HCP) qui sera justement lancé ce mois de septembre. Ce dernier s’attellera en effet à cerner de manière approfondie les conditions d’habitation des ménages. Seulement, l’étude lancée par le département de Nabil Benabdellah, en plus d’évaluer l’âge du parc national de logements ainsi que son état (degré de vétusté, niveau d’équipement, densité, etc.), devrait aller plus loin. L’enquête cherchera à cerner très finement les attentes des ménages urbains et ruraux en matière de logement en corrélation avec plusieurs déterminants (pouvoir d’achat, épargne…).

Il faut dire que ce type d’informations manque cruellement à l’heure actuelle. Les chiffres dont dispose le ministère de l’habitat sur le besoin en logements au niveau national ne distinguent pas par exemple entre les différents choix d’occupation d’habitats (location, acquisition ou auto-construction). Ces données ne prennent pas non plus en considération les changements démographiques (nouvelles structures de ménages, recul de l’âge du mariage…). Ces chiffres manquent également de précision en ce sens qu’ils ne détaillent pas les spécificités du besoin en logements en termes de standing, superficie, équipements de proximité, type de production… L’enquête devrait apporter plusieurs éclairages dans ce sens en étudiant même le besoin de manière dynamique dans le temps. Il est en effet question de ressortir la trajectoire résidentielle des ménages au cours des dix dernières années et d’anticiper sur celle future à l’horizon 2020.

Bien évidemment, toutes ces données fourniront aux pouvoirs publics et aux différents acteurs les bases pour l’élaboration de politiques adéquates et des moyens de les satisfaire à terme. L’enquête permettra à ce titre de fournir à l’administration un nouvel outil d’aide à la décision. Il s’agit d’un système d’information géographique dédié offrant une cartographie interactive relatant l’état actuel des besoins des territoires sous forme de base de données géographiques intégrant toute l’information collectée (indicateurs, statistiques, fonds géographiques, cartographie élaborée…).

Un échantillon représentatif de 50000 ménages

Aussi, le traitement des résultats de l’enquête permettra de mettre à la disposition des investisseurs une cartographie à plusieurs échelles (nationale, régionale et par ville) de la demande en habitat en termes quantitatif et qualitatif. Tout cela dans le but d’assurer une meilleure adéquation de l’offre et de la demande selon la typologie des logements ainsi que les spécificités régionales pour, in fine, stimuler le marché immobilier. La collecte des données concernera un échantillon représentatif de 38 000 ménages urbains avec une attention particulière pour les 28 grandes villes de plus de 100 000 habitants. Outre ces agglomérations, l’enquête devrait aussi s’étendre à d’autres villes connaissant des dynamiques fortes.

S’agissant du milieu rural, 12 000 ménages devraient être sondés à travers l’ensemble des communes rurales. Le cabinet en charge de l’étude se donne 15 mois pour livrer ses conclusions, délai nécessaire pour mener l’enquête sur le terrain et le traitement des données, l’exploitation et l’analyse des résultats et enfin l’évaluation et la projection de la demande en habitat par ville et au niveau régional et national. Néanmoins, vu le retard pris pour lancer l’enquête, le ministère aimerait voir le délai de réalisation écourté à un an afin de disposer d’un temps suffisant pour ajuster son action sur la base des résultats de l’étude. Pour cela, la tutelle préconise de revoir au besoin la taille de l’échantillon à la baisse ou de traiter et d’analyser les résultats au fur et à mesure de leur collecte.