Mosaïc, un modèle réussi de consortium d’exportation

Après trois ans d’activité, le consortium produit 29 000 pièces par jour et réalise 100 MDH à l’export.
Une organisation solidaire et souple : chaque membre peut mener des actions individuelles.

Les dirigeants des six sociétés Atalante, Cabilux, Dounitex, Interlinge, MGS et Veatwear sont satisfaits. Et pour cause, le consortium d’exportation qu’ils ont créé en 2004, baptisé Mosaïc, qui emploie 1 300 personnes, fait un joli parcours. L’objectif était «de se mettre à niveau et de proposer une offre complémentaire. Les entreprises sont aujourd’hui une locomotive les unes pour les autres», explique Boubker Idrissi Kaitouni d’Interlinge. La production (lingerie, sportswear, sous-vêtements, chemises, articles pour enfants…) est d’environ 29 000 pièces/jour pour un CA global de 100 MDH.

Au-delà de la croissance du chiffre d’affaires à l’export, la création du consortium a permis à ses membres de diversifier leurs débouchés. Traditionnellement, ces entreprises exportaient sur les marchés européens, principalement la France. Aujourd’hui, des opérations sont réalisées vers les pays nordiques (Norvège, Suède et Danemark) et des actions de prospection sont faites sur le marché américain qui présente, selon les responsables du consortium, d’importantes opportunités notamment dans le créneau de la co-traitance.

L’organisation adoptée depuis la création de Mosaïc a montré son efficacité. Cinq pôles, le commercial et marketing, les systèmes d’information, la formation, l’assistance technique et le financement, le sourcing et la certification qualité avaient été constitués. Chacun est pris en charge par une entreprise déterminée. Une réunion mensuelle permet de faire le point sur toutes les actions entreprises. La synergie ainsi créée a permis au groupement de maîtriser son approvisionnement en matières premières et surtout de réduire les coûts.

Elle a également permis d’élargir les actions de promotion puisque, depuis sa création, les membres du consortium ont pu participer à trois grands salons : Interselection, Fatex et Magic Show. Et c’est aussi ensemble qu’ils ont conçu une plaquette de communication présentant les spécialités de chacune des six entreprises ainsi que les avantages que présente le groupement.

Le consortium travaille sur un label qualité
Cependant, les responsables tiennent à préciser que «le consortium ne doit pas être un boulet. Si plusieurs actions sont mutualisées, chacune des entreprises demeure indépendante et peut entreprendre des actions individuelles». Toujours est-il que Mosaïc a engagé un grand chantier commun : la certification qualité. «C’est une action importante qui nous permettra de conquérir de nouveaux marchés», explique-t-on.

Au-delà de l’organisation, aussi pointilleuse soit-elle, les responsables de Mosaïc tiennent à préciser que la réussite du groupement d’intérêt économique dépend également de «l’entente et des affinités entre ses membres». D’ailleurs, parmi les critères de sélection des entreprises, figurent l’âge des dirigeants, leurs ambitions, leurs préoccupations ainsi que leur volonté de partager. Histoire de parler le même langage.