Modération des prix dans un contexte de tassement de la demande

La croissance au premier trimestre ne dépasserait pas 1,7%. L’indice des prix à la consommation s’est établi à 1%, tandis que l’indice des prix à la production a globalement stagné.

La modération des prix, apparue depuis l’été 2015, se poursuit. Sur le premier trimestre 2016, l’indice des prix à la consommation (IPC) a en effet progressé de 1% en glissement annuel. Cette hausse est due en grande partie à l’augmentation de l’indice des produits alimentaires (1,6%), notamment les boissons alcoolisées et le tabac (3,8%). Par contre, les produits non alimentaires n’ont progressé que de 0,5%, résultat, d’un côté, de la hausse des prix de la restauration et de l’hôtellerie (2,3%), de l’enseignement (2,1%) et, à un degré moindre, des articles d’habillement et chaussures (1,2%), et, de l’autre côté, de la baisse du transport (-1,1%) et la stagnation de la communication, entre autres. Dans un contexte de ralentissement de la croissance (1,7% au premier trimestre), dû non seulement à la baisse de la valeur ajoutée agricole mais aussi à la faible progression des activités non agricoles (quelque 2,5%), la demande intérieure, en particulier sa composante consommation, a décéléré, selon les estimations du HCP. Cette situation vaut d’ailleurs pour l’ensemble de l’année 2016, puisque la demande intérieure devrait s’établir à 1,7% au lieu de 2,2% ; sachant que le PIB ne dépasserait pas 1,3% de hausse, selon le HCP toujours.

Baisse de l’indice des prix des industries manufacturières

Cette atonie que connaît l’activité économique se reflète aussi dans les prix à la production qui, globalement, sont en stagnation. Pour les industries manufacturières, l’indice des prix au mois de mars 2016 a carrément baissé (-0,1%) par rapport au mois précédent. Et cette baisse concerne notamment les industries alimentaires (-0,4%), le raffinage de pétrole (-0,5%), la fabrication des meubles (-0,8%) et la fabrication d’équipements électriques (-0,3%). Seules les industries de l’habillement, de la métallurgie et de la fabrication de textiles ont enregistré des hausses: +0,7%, +0,2% et +0,3% respectivement.

Dans cette stagnation de l’indice des prix à la production, il y a sans doute une part liée à la baisse des prix de l’énergie. Mais la décélération de la demande globale paraît en être le facteur le plus décisif. D’une certaine manière, l’évolution négative du marché du travail au premier trimestre, avec des pertes d’emplois nettes dans l’industrie (-14 000 postes) et l’agriculture (-15 000 emplois), en est l’illustration.