Microcrédit : une étude pour proposer un nouvel environnement institutionnel

Première étape du projet «Développement de la microfinance au Maroc» initié dans le cadre du partenariat de Deauville, l’étude sera lancée dans les prochains jours.

Depuis que le secteur du microcrédit s’est doté d’une nouvelle loi en janvier 2013 (loi 41-12 modifiant et complétant la loi 18-97 relative au microcrédit), les décrets d’application de ce nouveau texte, très importants puisqu’ils devraient répondre à plusieurs questions majeures, se font désespérément attendre par les associations de microcrédit (AMC). Aujourd’hui, et dans le cadre du partenariat de Deauville pour les pays arabes en transition lancé lors du sommet du G8 à Deauville en 2011, les choses devraient enfin se préciser. Rappelons qu’en juillet 2013, le Maroc bénéficiait d’un don de 4,9 millions de dollars, soit un peu plus de 47 MDH, accordé par le Fonds de transition mis en place par le partenariat de Deauville pour un projet d’assistance technique avec la Banque mondiale baptisé «Développement de la microfinance au Maroc».

Géré par le ministère de l’économie et des finances, désigné comme l’agence d’exécution dudit projet qui rassemble également la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), Bank Al-Maghrib, le Centre MohammedVI de soutien à la microfinance solidaire et la Fondation de l’éducation financière, ce dernier va concrètement démarrer dans les prochains jours avec le lancement d’une «analyse approfondie de l’environnement institutionnel du secteur de la microfinance», faisant partie de la première composante du projet qui en contient 3 au total. Menée par un cabinet spécialisé, cette étude, après avoir fait le diagnostic de l’environnement existant, devra surtout aboutir à une proposition d’«environnement institutionnel, concurrentiel et réglementaire, compétitif, permettant aux différents acteurs du secteur d’améliorer leurs performances et de contribuer efficacement à la réalisation des objectifs de la stratégie du secteur tout en tenant compte de la réalité et des standards internationaux». Cadre réglementaire, taux d’intérêt, plafond du montant, normes prudentielles mais aussi représentation du secteur seront ainsi traités. «L’idée est aussi de proposer un nouveau texte qui regroupe l’ensemble des textes relatifs au secteur», précise Mohamed El Mazouri, directeur délégué de la FNAM. Les résultats de cette étude devraient être connus dans les 3 mois à venir.

Après l’assainissement, il est temps de passer à la croissance

Une fois cet environnement institutionnel cible identifié, la deuxième composante du projet «Développement de la microfinance au Maroc» se penchera sur l’appui au «renforcement de l’infrastructure des marchés, l’innovation des produits et les sources de financement pour la microfinance». Enfin, la troisième se concentrera sur l’appui à «l’intégration de la microfinance dans une stratégie d’inclusion financière nationale». Le temps de l’assainissement du secteur est révolu.

Cette nouvelle étude, après celle relative à la transformation institutionnelle et financée par l’Agence du partenariat pour le progrès (APP), doit ainsi donner un nouvel élan au secteur. «La pénétration de la microfinance au Maroc est relativement faible par rapport à son potentiel. Le secteur ne touche que 2,5% de la population quand des pays à développement comparable, comme le Pérou, atteignent 10%. De la même façon, l’encours global du microcrédit au Maroc représente 0,5% du PNB quand il en représente 2,5% au Pérou», confie M. El Mazouri. Or, «le Maroc compte 3 des 15 plus grandes ONG de microfinance au monde», précise une étude de la SFI.

Disposant ainsi d’une base solide, il ne manque plus qu’un coup d’accélérateur au secteur pour qu’il remplisse davantage son rôle d’accompagnement à la bancarisation des populations à faibles revenus et la création d’activités génératrices de revenus. «Le secteur est arrivé à maturité. L’étape de la croissance nous attend», conclut M. El Mazouri.