Microcrédit : six associations contestent la représentation du secteur au Conseil économique et social

Une lettre de protestation adressée officiellement au Premier ministre la mi-septembre.
Les signataires estiment que la nomination de représentants revenait à  la fédération du secteur.

Les associations de microcrédit (AMC) sont divisées sur la représentation de leur secteur au premier Conseil économique et social (CES). Publiée au Bulletin officiel du 18 mars 2010, la loi organique 60-09 relative au CES précise que «le conseil est composé de 99 membres répartis en cinq catégories», parmi lesquelles figure la «catégorie des organisations et associations œuvrant dans les domaines de l’économie sociale». C’est donc en vertu de ce texte que deux sièges vont être attribués, selon une source proche du dossier, par décret du Premier ministre, à la Fondation Banque Populaire pour le Microcrédit (FBPMC) et à la Fondation ARDI du Crédit Agricole. Bien que l’information n’ait pas encore été rendue publique, six associations ont déjà pris les devants en adressant, le 13 septembre, une lettre au Premier ministre, avec copie au président de la FNAM, au ministre des finances et au Cabinet royal, dans laquelle elles qualifient la décision d’unilatérale.
Réunis sous l’appellation «Réseau de solidarité des acteurs du microcrédit», les signataires ne sont autres que l’Institution marocaine d’appui à la micro-entreprise (INMAA), l’Association marocaine sans frontière (AMSS/MC), ATIL/MC, l’Association microcrédit Oued Srou (AMOS), la Fondation Microcrédit du Nord et Ismailia Microcrédit.

Les contestataires menacent de quitter la FNAM

Selon l’un des signataires, sous couverture d’anonymat, «ce ne sont pas les associations désignées que nous critiquons mais la façon dont elles l’ont été». Pour appuyer leur argumentation, les rédacteurs de cette lettre rappellent que la loi 18-97 relative au microcrédit prévoit dans son article 23 que la FNAM a pour attributions de «servir d’intermédiaire entre ses membres et l’administration, et ce, à l’exclusion de tout autre groupement ». «C’est donc à la FNAM de désigner les représentants du secteur au conseil économique et social», poursuit-il, tout comme la fédération désigne déjà ses représentants au sein du conseil consultatif du microcrédit.
La motivation des signataires «n’a d’autre objectif que de voir la composition du Conseil économique et social […] refléter la réalité et les aspirations, les compétences et les efforts militants de cette catégorie d’associations de microcrédit, dans la diversité des composantes de ce secteur», précise la lettre.
Parce qu’elles se considèrent lésées et injustement écartées par les pouvoirs publics, les petites associations s’apprêtent à se rassembler dans un réseau officiel, et menacent de quitter la fédération. Pour l’heure, aucun des destinataires de la lettre n’y a encore donné de suite. Le Premier ministre pourra-t-il faire marche arrière sachant que, selon des sources bien informées, le décret de nomination des deux représentants du secteur au CES, lui, a déjà été signé ?