Microcrédit : les adhésions à  la centrale des risques se font au compte-gouttes

Seule une poignée d’associations sur les douze en activité est connectée au crédit bureau. Malgré l’absence des « petites » AMC, le nombre de requêtes progresse.

Le dossier traîne depuis longtemps. La tant attendue centrale des risques dédiée au microcrédit avait pourtant fait l’objet à la fois de toutes les attentions, particulièrement au début de la crise qu’a connue le secteur, et de vives négociations entre les associations de microcrédit (AMC), la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM) et la société Experian, prestataire du service. Aujourd’hui, la totale mise en œuvre de ce crédit bureau n’est toutefois pas encore acquise.

Elle reste en effet subordonnée en partie à la mise à niveau des systèmes d’informations des associations de taille moyenne et petite, réunies au sein du Réseau de la microfinance solidaire (RMS) adossé à la Fondation Ardi, elle-même dépendant du Crédit Agricole du Maroc. Créé fin 2010, ce réseau est né pour renforcer justement les capacités de ces «petites» associations et mutualiser leurs besoins pour plus d’efficacité. Sous la houlette du Crédit Agricole, un plan d’action pour l’implémentation d’un système d’information créé en interne par les équipes de la banque avait été mis en place.

Le RMS n’est pas encore relié à la centrale des risques

«Les AMC membres du RMS exploitent en commun le SIG développé à leur intention par les équipes du CAM, et ce, selon le modèle d’un centre de traitement commun où l’accès à la base de données de chaque AMC est sécurisé», apprend-on du côté du CAM. «Sur la base des besoins spécifiés par chacune des AMC, le SI-RMS a été développé et testé par les différentes associations. Les fonctionnalités de base ont été déployées suivies de séances de tests qui ont donné lieu à des améliorations apportées sur le système au fur et à mesure», est-il ajouté. «Les résultats probants obtenus ont permis de généraliser le déploiement à l’ensemble des associations», conclut le CAM. Ce déploiement généralisé, toujours en cours, était pourtant prévu pour le premier semestre 2012. Autrement dit, en l’absence d’un SI stable et complètement mis en œuvre, la centrale des risques ne peut, par conséquent, fonctionner de manière optimale. «Une poignée d’associations est connectée à la centrale des risques. Nous sommes en train de faire monter en puissance le nombre de requêtes», affirme un directeur d’AMC. Pour rappel, une consultation de la centrale est fixée à 2 DH TTC par dossier pour les petites et moyennes structures et 3 DH pour les grandes.