Microcrédit : l’encours progresse de 10% au premier semestre

Le nombre de clients actifs a gagné 4,1% par rapport à  juin 2013, à  848 000. Le montant moyen des prêts est plus élevé et les durées plus longues. Le portefeuille à  risque recule sensiblement.

Les trimestres se suivent et ne se ressemblent guère dans le secteur du microcrédit. A peine transmis, les chiffres de l’activité du premier semestre révèlent plusieurs aspects paradoxaux (mais explicables) par rapport aux périodes précédentes, surtout entre le premier et le second trimestre de cette année. D’abord, si le nombre des clients actifs a connu une sensible baisse entre les deux premières périodes de l’année, passant de 857887 clients à 848 000 à fin juin 2014 (-1,15%), le montant de l’encours global a quant à lui nettement progressé. Il est en effet passé de 5,04 à 5,3 milliards de DH, soit une augmentation de 5,2% en trois mois. Résultat, le montant moyen de l’encours par client a enregistré une augmentation de 371 DH, passant ainsi de 5 875 DH à fin mars à 6 246 DH à fin juin. Ce constat s’explique «par des prêts de montant plus élevé et plus longs, ainsi que par les radiations passées», confirme Youssef Bencheqroun, DG d’Al Amana. En revanche, si l’on compare ce 2e trimestre par rapport à celui de 2013, le constat est tout autre. Nombre de clients actifs et encours global ont alors, sur une année glissante, nettement augmenté (+4,1% et +10,4% respectivement).

En attendant son conseil d’administration, qui permettra de dévoiler quelques chiffres, le leader de l’activité au Maroc confirme les bons résultats de 2014. «En dépit d’une baisse substantielle de sa tarification au bénéfice de sa clientèle, Al Amana affiche des résultats légèrement supérieurs à ceux du premier semestre de l’exercice passé et une croissance satisfaisante de sa production et de son portefeuille», confie son DG.
L’association est donc à l’image d’un secteur dont les professionnels saluent la «bonne appréciation des fondamentaux». Elle a également fait le choix de se diversifier. «Al Amana a réussi sa diversification dans le cash et l’assurance qui représenteront près de 20% du résultat en 2014 et surtout un potentiel de clients d’environ 2 ou 3 fois la base actuelle. Nous avons lancé en pilote le produit de dépôts Hissab Bikhir ainsi que les services domestiques. Un produit dédié au rural est en cours d’étude avec nos partenaires du JPal (ndlr, laboratoire d’action contre la pauvreté créé en 2003 par le département économie du MIT)», annonce le DG.

La stratégie nationale est en marche

Par ailleurs, en comparaison avec la même période de l’année dernière, le secteur a de nouveau réussi à assainir son portefeuille à risques (PAR).
C’est ainsi que le PAR à 30 jours est passé de 6,30% à fin juin 2013, à 4,6% à fin juin 2014. «Le PAR à 30j s’améliore par l’implémentation des systèmes de contrôle et de règles d’octroi plus robustes», explique M. Bencheqroun.
Entre mars 2014 et juin suivant, le PAR à 30j s’est néanmoins dégradé de quelques points de base, passant ainsi de 3,97% à 4,59%. Pour le DG d’Al Amana, il n’y a rien de surprenant : «Cette situation est normale car même faible, le risque croît entre le début et la fin de l’exercice, avec les tombées des nouvelles productions». A ce titre, entre mars 2013 et mars 2014, le PAR à 30j est tout de même passé de 6,07% à 3,97%.

La tendance est la même pour les PAR à 90j et à 120j.

Autre signe positif pour le secteur, les recrutements ont repris, puisque l’effectif global est passé de 5 868 personnes à fin juin 2013 à 6 145 à l’issue du 1er semestre 2014.
Il n’en fallait pas moins pour prendre en charge la légère augmentation de la production que connaît actuellement le secteur.
Lancée en 2012, la Stratégie nationale pour le microcrédit à l’horizon 2022, qui se décline en 7 leviers stratégiques et 48 actions particulières, est toujours d’actualité. «Un bilan a été fait récemment à la FNAM et montre que l’essentiel des projets de mise à niveau prévus ont été implémentés. Il reste à mettre le cap sur le redémarrage de la croissance durable. Une étude sur les best practices institutionnelles internationales a été lancée par le ministère des finances pour proposer l’élaboration d’un cadre institutionnel plus adapté aux mutations du marché», révèle M. Bencheqroun.

A noter enfin que la FNAM tiendra prochainement son assemblée élective. «Je peux affirmer que très peu de sujets séparent les acteurs et que le secteur est en ordre de marche», conclut M. Bencheqroun.