Microcrédit : la centrale des risques bientôt opérationnelle

Fixé initialement à  5 DH, le prix de la consultation est revu à  la baisse.
Les petites associations bénéficieront de tarifs réduits.
Les conclusions de l’étude sur la transformation institutionnelle attendues pour juillet.

La Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM) a finalement eu gain de cause. Après deux mois de négociation, les tarifs des requêtes auprès de la centrale des risques, gérée par Experian Maroc, sont revus à la baisse. La décision n’est pas encore officialisée par Bank Al Maghrib (BAM), mais nos sources indiquent qu’en plus de sa réduction, le prix, initialement fixé à 5 DH HT par requête, ne dépend plus de la quantité des requêtes (il était dégressif en fonction de cette quantité). En outre, une réduction supplémentaire a été attribuée aux petites associations. Un seuil de clients actifs sera défini par BAM afin d’identifier ces dernières.
La FNAM s’estime tout à fait satisfaite du résultat obtenu après les multiples réunions organisées avec BAM et Experian.
Cette centrale des risques, fortement recommandée par les bailleurs internationaux et notamment la Société financière internationale (SFI), va permettre de mieux gérer les risques liés à l’endettement croisé et de faciliter le recouvrement, d’une manière indirecte. Ainsi, le mauvais payeur bénéficiaire chez une association souhaitant obtenir un prêt dans une autre association sera rapidement identifié, si toutefois celle-ci consulte la centrale des risques.

Les associations seront obligées de partager leurs informations

Une fois la décision du prix entérinée, la centrale des risques pourrait se mettre en place très rapidement, en espérant que toutes les associations consentent enfin à partager leurs informations.
Quoi qu’il en soit, la saisie sur la centrale de risques sera incontournable à terme. En attendant, les petites associations ne disposant pas du système d’information requis -il y en a qui continuent à saisir les données sur un tableur basique- bénéficieront d’une certaine indulgence.
Parallèlement à ce dossier, un autre semble être très suivi par les opérateurs du secteur. Il s’agit de l’étude en cours, diligentée par le ministère des finances, au sujet de la transformation institutionnelle dont les premières conclusions sont attendues courant juillet. Au terme de cette réflexion, certaines associations, qui en ont exprimé le souhait, pourront devenir des sociétés de financement. Toutefois, une telle transformation ne comporte pas que des avantages. Un changement de statut entraînera automatiquement l’alignement sur les tarifs facturés aux établissements de crédit mais aussi sur les mêmes règles de prudence et de gestion.