Microcrédit : 80% des bénéficiaires ont pu augmenter sensiblement leurs revenus mensuels

Les bénéficiaires ont pu fructifier des prêts de 1 000 à  5 000 DH pour en faire une source de revenu stable allant jusqu’à  15 000 DH par mois. Selon l’enquête du CMS, 62% ont pu développer leur activité, 58% ont amélioré leur niveau de vie et 18% sont parvenus même à  aménager un logement. Le commerce, les services et les métiers manuels constituent 73% des activités financés par le microcrédit.

Bilan d’étape pour le microcrédit. La deuxième édition du prix national du micro-entrepreneur, qui se veut une vitrine des bénéficiaires et des projets financés, a été une occasion pour mettre en évidence les apports d’une activité parmi les plus performantes au niveau mondial. En effet, depuis son apparition au Maroc il y a moins de 20 ans, le microcrédit a profité à plus de 4,5 millions de personnes (40% des populations servies dans la région arabe) avec des crédits accordés de l’ordre de 39 milliards de DH et près d’un million d’emplois créés. «Ce type de financement s’est imposé en tant qu’instrument essentiel de la lutte contre la précarité en améliorant considérablement les revenus des bénéficiaires ainsi que leur vécu et leur entourage, et a répondu à un véritable besoin, notamment en raison de l’existence d’un secteur informel important», affirme M’hammed Grine, président du jury du prix national du micro-entrepreneur. Selon lui, l’échantillon des nominés, représentatif de toutes les associations de microcrédit, a eu un crédit initial compris entre 1 000 et 5 000 DH. «Les bénéficiaires, chacun selon son métier, ont fructifié cette dotation dérisoire, avec l’aide des agents de terrain, pour en faire une source de revenu stable allant de quelques centaines de dirhams à 13 000 ou 15 000 DH mensuellement pour les plus chanceux», ajoute-t-il. Ces propos sont confirmés par les résultats de l’enquête du Centre Mohammed VI de soutien à la micro-finance solidaire qui démontre que pour 93% des bénéficiaires du microcrédit, 79% ont pu augmenter sensiblement leurs revenus, 62% ont pu développer leur activité, 58% ont amélioré leur niveau de vie et 18% sont parvenus même à aménager un logement avec le revenu procuré par l’activité financée.
Cela dit, le micro-entrepreneur type est une femme âgée de 26 à 65 ans, généralement analphabète, qui aborde souvent le microcrédit pour la première fois en contractant une somme qui ne dépasse pas les 1 000 DH pour s’organiser ensuite dans un crédit solidaire avec d’autres femmes du même lieu de résidence.

Les micro-entrepreneurs plus prompts à rembourser leur crédit

Par activité financée, le commerce, les services et les métiers manuels constituent 73% des secteurs financés par le microcrédit.

«Nous avons un large spectre d’activités, notamment la restauration, le commerce de différents articles, les plantes médicinales et produits à base de composants naturels, produits de l’artisanat, broderie et tapisserie, produits de décoration… Il est clair que le secteur reste axé sur ces activités de par la population cible, mais nous assistons de plus en plus à l’émergence de la petite industrie, notamment le textile, la fabrication d’articles de maison, le travail des métaux, le traitement des peaux d’animaux et autres procédés innovants», fait savoir M.Grine.
Par ailleurs, les professionnels sont unanimes à affirmer que les micro-entrepreneurs font de plus en plus preuve de régularité et d’exemplarité en matière de remboursement.
Les plus invétérés qui rassemblaient des prêts croisés de différentes associations n’ont plus le choix du fait que la Centrale des risques est opérationnelle depuis un an. De plus, l’assainissement des portefeuilles se poursuit ainsi que la mise à niveau des dispositifs de contrôle et de gestion des risques, pour ne pas revivre le scénario de 2008, année pendant laquelle le taux d’impayés avait atteint un niveau sans précédent.  

Notons que le milieu urbain concentre 63,6% des prêts distribués contre 34,6% pour le rural.