M’goun, un territoire très plébiscité malgré la pandémie

• L’arrière-pays d’Azilal, situé dans la région de Béni Mellal-Khénifra, s’est distingué par une bonne affluence touristique cet été.
• Les établissements d’hébergement de certains sites ont enregistré environ 65 % de taux d’occupation.
• Deux grands hôtels sont en cours de construction à Bine El Ouidane et à Imi N’ifri.

Le tourisme de montagne représente-t-il une réelle bouffée d’air pour le tourisme marocain ? Structurellement, l’infrastructure d’hébergement dans les montagnes marocaines ne pèse pas lourd dans la capacité totale du pays (environ 280 000 lits), alors que la superficie montagneuse dépasse le cinquième de la superficie globale du Maroc. Mieux, pendant la saison estivale passée, des zones montagneuses comme la province d’Azilal ont attiré un grand nombre de touristes locaux. Si les statistiques de taux d’occupation par zone ne sont pas disponibles, les professionnels disent que les établissements d’hébergement de la province citée ont réalisé une bonne performance en août, à l’aune de la conjoncture actuelle. On parle même d’un taux d’occupation qui a dépassé 65% pour certains sites de l’arrière-pays d’Azilal. C’est ce que nous a confirmé Fatima Amagar, directrice du Géoparc de M’goun, un territoire de 12 791 km², dont la moitié est labélisée «Unesco Global Geopark».

Le plan de relance post-Covid-19 est prêt

La région se prépare à l’après-Covid-19. En cours de préparation, un projet audiovisuel mettra en avant les infrastructures touristiques des sites de la région. «Il s’agit de vidéos qui mettent en avant les établissements d’hébergement, les restaurants, les coopératives et les sites. C’est pour montrer ce que propose la région en termes d’attractions touristiques», souligne Fatima Amagar. Pour plus de notoriété, des catalogues sont aussi préparés pour présenter les établissements de la région. D’autres actions, comme l’imminente inauguration du musée géologique d’Azilal, visent à professionnaliser le tourisme dans le Géoparc.
Selon Driss Achbal, président du Géoparc M’goun, ce dernier prépare également une conférence autour des sports de montagne sur le territoire du Géoparc. Cela sera l’occasion pour présenter un catalogue recensant les événements sportifs qui auront lieu dans la région au cours de l’année à venir. Certains sites de la province, ayant connu un rafraîchissement durant la saison estivale, abriteront des événements sportifs destinés aux touristes locaux. Par ailleurs, on continue à renforcer sa capacité litière. Selon Mustapha Ichou, délégué provincial du tourisme à Azilal, deux grands hôtels sont en cours de construction à Bine El Ouidane et à Imi N’ifri. En ce qui concerne les maisons d’hôtes, types d’établissements les plus répandus dans la région, leur tissu se renforce également. Cela est de bon augure.

Les projets d’aménagement se poursuivent

Le Géoparc M’goun comprend de grands sites touristiques du Haut Atlas central comme la Cathédrale Imsefrane, les Cascades d’Ouzoud ou la petite ville de Zaouiat Ahansal. Après la fin du confinement, une réelle reprise a été enregistrée et s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois d’août, à l’approche de la reprise scolaire. Quelques contaminations à la Covid-19 à Béni Mellal ont précipité de sonner le glas à cette haute saison touristique arrachée à la pandémie.
Selon Fatima Amagar, le choix porté sur la région s’explique par sa nature. «La région et ses espaces ouverts permettent un moindre contact entre les estivants. Cela est nécessaire pour se prémunir de la contamination», dit-elle. Mais cet engouement a été précédé par des mesures qui accompagnent l’évolution du tourisme de cette région. En effet, le Géoparc de M’goun, les établissements d’hébergement et l’Association des guides de montagnes de la région de Béni-Mellal-Khénifra ont essayé de se regrouper dans le cadre d’un partenariat régional. Déjà, le Géoparc est lié dans le cadre de partenariats similaires aux départements de l’équipement, au Conseil régional et au Conseil provincial de la ville d’Azilal.
Actuellement, la région mène un projet d’aménagement et de signalisation de plusieurs routes montagneuses auquel participent tous ces partenaires. Situés entre les plus grandes destinations de la région, ce projet recèle une forte valeur touristique dans une région montagneuse où certains villages et routes sont situés à une altitude qui dépasse souvent 2000 m.

Le tourisme de montagne ne marche pas partout

Du côté de l’arrière-pays d’Agadir, il n’y a pas eu le même engouement comme c’est le cas pour la montagne d’Azilal, durant la saison estivale, malgré un taux d’occupation des plus élevés en août (+25%). Le positionnement balnéaire de cette ville prend souvent le dessus sur les autres atouts touristiques de cette ville. Selon Abdelhakim Assimi, président du Réseau de développement du tourisme rural (RDTR) à Agadir, «les opérateurs touristiques paient les frais de cette image de ville station balnéaire à 100%», précise-t-il. Tous les efforts d’exporter une partie des touristes vers l’arrière-pays montagneux ont échoué. Seul l’arrière-pays littoral a pu attirer une partie des touristes durant l’été 2020. La zone de Toubkal, à cheval entre les régions de Marrakech-Safi et de Souss-Massa, a également attiré une partie des visiteurs locaux. «Mais cela était dû à un effort de promotion de la part de la première région», conclut M. Assimi. Une action globale et intégrée en faveur du tourisme de montagne au Maroc serait très bénéfique.