Menace de boycott du nouveau plan de pêche

Pêcheurs côtiers et artisanaux dénoncent les quotas et la
réduction du nombre des unités.

Le nouveau plan de pêche au poulpe, à peine finalisé -après plusieurs mois de tractations – est en butte à la grogne des professionnels. Devant entrer en application le 15 mai prochain, avec la levée de l’arrêt biologique, il est dénoncé par les professionnels de la pêche côtière et artisanale qui menacent de le boycotter.
Pour la pêche côtière, le plan prévoit la limitation à 100 unités du nombre de chalutiers qui interviendront dans les zones délimitées pour la pêche au poulpe.
Au ministère, il est indiqué qu’ils seront sélectionnés en fonction de critères techniques précis. Le problème est que les professionnels de la pêche côtière refusent à la fois l’idée de réduire le nombre de navires et la délimitation de la zone géographique des pêcheries. Ils préfèrent continuer à exercer selon l’ancien système, qui prévoyait uniquement un tonnage global de poulpe par segment (hauturière, côtière et artisanale). Par conséquent, ils entendent pêcher aussi bien dans le nord que dans le sud. Intervenant dans ce secteur depuis très longtemps, les professionnels sont en effet convaincus qu’ils ont des droits historiques, affirmant que «la mer [leur] appartient».
Les barques artisanales pourraient toutes sortir en mer le 15 mai
Pour la pêche artisanale, le plan prévoit de ramener à 2 500 le nombre de barques actives dans la zone réservée à la pêche du poulpe, sur un total de 7 860 barques immatriculées dans la zone Sud. Figure également au programme une reconversion vers d’autres types de pêcheries pour les autres barques.
Cependant, les représentants de la pêche artisanale disent qu’ils avaient, lors des négociations, accepté les termes de ce plan, à condition d’obtenir une licence pour un chalut de pêche côtière au bénéfice de groupements de propriétaires (5 ou 6) de licences de barques artisanales. N’ayant pas obtenu satisfaction, ils s’insurgent contre le nouveau plan, déclarant, par la voix de leur représentant, Hassan Talbi, qu’à l’ouverture de la pêche, le 15 mai prochain, «l’ensemble des barques disposant d’une licence de pêche sortiront en mer pour pêcher le poulpe».
Selon Tijanni Rhanni, secrétaire général du ministère des Pêches maritimes, «il faut opérer un changement des mentalités en se rendant à l’évidence que l’état d’abondance de la ressource est révolu». Il faut, selon ce dernier, «éviter de laisser les intérêts individuels gouverner le secteur de la pêche».
Par ailleurs, dans le cadre du développement de la région d’Oued Dahab-Lagouira, un plan de reconversion est programmé pour les unités de congélation de Dakhla, dont la capacité devrait être fixée à 200 000 tonnes de poisson pélagique. Ceci sera accompagné, à moyen terme, d’une intégration en amont, via la délivrance de licences de pêche