Méga recapitalisation pour la Centrale des risques bancaires

Experian Services Maroc s’apprête à  hisser son capital de 20 à  70 MDH pour éponger ses pertes et financer ses futurs investissements.
L’apport financera les investissements en matériels informatiques et permettra d’éponger les pertes.
L’opération sera l’occasion de diluer les 18% détenus par CNIA dans Experian Maroc.

A peine plus de deux ans après sa création en mars 2008, Experian Services Maroc (ESM), le délégataire de Bank Al Maghrib pour la gestion de la Centrale des risques bancaires (Credit Bureau), sollicite ses actionnaires pour une recapitalisation massive. C’est que la filiale du groupe anglo-américain Experian a déjà entamé plus des trois quarts de son capital social de démarrage, qui s’élevait à 20 MDH, et envisage avant fin 2010 de porter celui-ci à 70 MDH par injection d’argent frais.
Cette recapitalisation permettra à ESM, d’une part, d’éponger les pertes essuyées en 2008 et 2009 et celles attendues pour l’exercice en cours, et, d’autre part, de financer de nouveaux investissements qui s’imposent notamment en actifs informatiques nécessaires à accompagner la montée en charge des consultations par les établissements de crédit qui ont accès à la centrale des risques. Selon nos informations, le nombre de rapports générés quotidiennement par ESM a atteint 2 000 à fin juin 2010 et devra frôler la barre des 5 000 quand il aura atteint sa vitesse de croisière, une fois que toutes les banques auront intégré la consultation du Credit Bureau comme une composante naturelle de leurs procédures d’octroi de crédit.

Le démarrage tardif de l’activité a été à l’origine d’un important manque à gagner

Il faudra en plus compter avec l’arrivée de nouveaux utilisateurs confirmés tels que les sociétés de financement, la nouvelle banque postale Al Barid Bank et les associations de microcrédit.
Il faut dire aussi que le retard de démarrage opérationnel, qui a duré un an, a privé ESM de revenus certains, sachant que son chiffre d’affaires provient presque exclusivement de la vente de rapports de solvabilité aux banques et établissements de crédit. Experian, qui contrôle à hauteur de 70% sa filiale marocaine, cherche, à l’occasion, à faire d’une pierre deux coups en partageant l’effort financier avec ses partenaires marocains notamment bancaires et en élargissant le tour de table d’ESM. De source proche du dossier, il semblerait que l’actionnaire de référence souhaite y intégrer celles qui n’ont pas fait partie de l’actionnariat initial, à savoir la Banque centrale populaire, le Crédit du Maroc et le Crédit Agricole notamment. Il veut aussi rééquilibrer le poids des banques face à la CNIA Assurances qui détient 18% du capital (alors que les banques sont à 12% seulement), une part jugée «anormale» dans un délégataire de Bank Al Maghrib pour un service bancaire.
En principe, CNIA ne devrait pas suivre la recapitalisation et verrait sa quote-part passer à près de 5 % du capital.