MedZ Sourcing réadapte sa politique d’aménagement de parcs offshore

L’offshoring a généré 5 milliards de DH d’impôts au cours des 4 dernières années et pourrait doubler de taille d’ici 2020. La filiale de la CDG n’envisage de nouveaux aménagements que s’il y a de la demande. Des mesures d’encouragement sont nécessaires pour inciter les investisseurs à  s’installer à  Fès Shore et Oujda Shore.

Si le concept des plateformes industrielles intégrées (P2I) a montré ses limites, comme l’a clairement affirmé le ministre du commerce, de l’industrie, de l’investissement et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, lors de la présentation de la nouvelle stratégie industrielle, celui des parcs d’activités offshore aménagés par MedZ Sourcing a encore de beaux jours devant lui.

C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une étude commanditée par l’aménageur lui-même et le ministère de tutelle, en collaboration avec l’ensemble des acteurs du secteur. Menée par le cabinet international BCG, cette étude a pour objectif d’évaluer la mise en œuvre de la stratégie du secteur, lancée il y a presque 10 ans.

Selon le DG de MedZ Sourcing, Abderrafie Hanouf, l’étude fait apparaître que le secteur dispose encore d’un potentiel de développement intéressant : l’activité pourrait doubler de taille d’ici 2020 et atteindre un chiffre d’affaires d’au moins 16 milliards de DH pour 110000 à 120 000 emplois.

Les projets d’Agadir et de Marrakech remis dans les cartons

Les autorités peuvent donc rester confiantes puisque les fondements mêmes de la stratégie de l’offshoring ne sont pas remis en cause, d’autant plus que ces 4 dernières années les recettes fiscales du secteur ont frôlé les 5 milliards de DH. Chiffre qui fait dire à M. Hanouf que l’Etat investit dans un secteur rentable, avec un retour sur investissement évalué à 10%.

Quelques adaptations sont toutefois jugées nécessaires. «Concernant les nouvelles constructions, dorénavant, c’est le marché avec son évolution et son développement économique qui donne le rythme. L’offre suivra la demande», résume ainsi M. Hanouf.

Les projets de parcs offshore à Agadir et Marrakech ne sont donc plus à l’ordre du jour, et ce, tant que le marché ne sera pas prêt. Reste les parcs de Fès et Oujda. A Fès Shore, le taux d’occupation atteint 10% à l’heure actuelle. MedZ Sourcing se fixe pour objectif d’atteindre 40% d’ici la fin de l’année.

Au technopole d’Oujda, la commercialisation des 10000 m2 déjà livrés doit démarrer cette année. «Pour accepter de s’installer dans ces villes, un investisseur demande à ce que sa structure de coût soit inférieure de 30 à 40% à ce qu’elle est dans les villes principales», explique M. Hanouf. Il y a donc un effort à faire sur le loyer, mais pas seulement. «Il faut que l’on soit en mesure de proposer des packages intéressants.

Un effort substantiel est nécessaire et nous y travaillons avec les pouvoirs publics et les autorités régionales», poursuit le DG. Cela peut par exemple comprendre de nouvelles incitations fiscales, des prix des télécoms satisfaisants ou encore un dispositif de formation plus efficace. Les conventions qui seront signées par le secteur et le ministère de tutelle pour la mise en œuvre de la stratégie d’accélération industrielle révéleront la volonté réelle de l’Etat en la matière.  

Légère reprise depuis le début de l’année

Certes, le secteur a été confronté au ralentissement de l’économie dans les pays donneurs d’ordre, et notamment en France. Néanmoins, à fin 2013, l’activité semble avoir évité le pire. Le chiffre d’affaires réalisé frôle les 8 milliards de DH à l’export, contre 7,6 milliards à fin 2012. «Nous observons une légère reprise à l’issue du 1er trimestre 2014.

Nous espérons qu’elle se confirmera au 2e trimestre pour pouvoir envisager une année correcte. Sur le moyen terme, l’activité repartira», prévoit M. Hanouf. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à rappeler le poids de l’offshoring dans l’activité économique nationale : «Sur les 4 dernières années, le secteur a contribué pour 6% dans la création d’emplois (…).Il est également classé comme le 6e exportateur à l’échelle nationale. Entre 2007 et 2012, il a contribué en moyenne pour 2% du PIB».

Les analystes s’accordent à dire que le rachat en France de SFR par Numericable permettra l’augmentation des prix et donc des marges, et conduira éventuellement à la fusion entre Bouygues et Free. Cette restructuration du secteur des télécoms en France pourrait bien être favorable à l’offshoring marocain.

Les trois parcs offshore actuellement opérationnels, que sont Casanearshore, Technopolis à Rabat et Fès Shore, cumulent un taux d’occupation respectivement de 80% et 85% pour les deux premiers. Pour 2014, MedZ Sourcing prévoit d’atteindre 95% d’occupation dans ces deux parcs, pour plus de 80 entreprises à Casablanca et plus de 35 au Technopolis, et 40% d’occupation à Fès Shore. «La moyenne nationale d’occupation des P2I offshoring va atteindre 90% pour 250 000 m² de surfaces bureaux.

Aussi, malgré la conjoncture difficile de 2013, nous avons réussi à placer 28 000 m² d’espaces de bureaux pour différents acteurs de l’offshoring et nous avons estimé la commercialisation en 2014 à 30 000 m²», précise M. Hanouf. Plus de 100 entreprises sont installées dans les parcs de MedZ, et plus de 60 000 personnes sont employées dans le secteur.