MCA : l’Agence pour le partenariat et le progrès déjà  en activité

Elle sera en charge de la mise en Å“uvre et du suivi des projets financés par le MCA.
10 collaborateurs déjà  recrutés, 40 autres en cours de l’être. L’agence comptera 11 directions.
La mise en Å“uvre du programme a démarré le 1er octobre. Des conventions et accords déjà  signés avec les ministères et administrations concernés.

Le directeur de l’Agence pour le partenariat et le progrès (APP) chargée de piloter le plan d’action du Millenium Challenge Account (MCA) pour le Maroc est en train de mettre les dernières touches à son organisation. Morad Abid, nommé récemment directeur de l’agence, a déjà recruté une dizaine de collaborateurs, sachant qu’à terme l’effectif devra atteindre 50 personnes. L’agence sera, dit-on, composée de 11 directions soutenues par une équipe pluridisciplinaire chargée de veiller au bon fonctionnement des projets du programme et à leur évaluation.

C’est à partir du 1er octobre que la mise en œuvre de l’accord signé entre le Millenium Challenge Corporation et le gouvernement du Maroc devrait réellement démarrer.

Il est indispensable que l’aide soit utilisée dans le temps imparti

Le véritable enjeu sera de le réaliser entièrement dans le temps imparti, c’est-à-dire d’ici au 14 septembre 2013. En effet, explique M. Abid, «l’ennemi de ce programme sera le temps car, non seulement les Américains ne comprendraient pas que l’on n’ait pas utilisé cette aide, avec toutes les urgences qui sont les nôtres, mais cela pourrait compromettre toute assistance ultérieure».

Ce qui ne sera certainement pas le cas car le point fort de ce programme est qu’il a été élaboré par les instances marocaines qui ont déterminé les secteurs, les programmes et même les montants nécessaires pour impulser la croissance là où le pays en a le plus cruellement besoin.

D’ailleurs, les Américains ont été si convaincus de la clarté et de la lisibilité de la démarche marocaine que, sur les 17 pays retenus au titre de cette aide, c’est au Maroc qu’ils ont accordé le plus important montant (697,5 millions de dollars). Seule la Tanzanie, un peu plus tard, a obtenu quelque 500 000 dollars de plus que le montant global alloué au Maroc.

300 millions de dollars iront à l’arboriculture

L’aide du MCA s’intègre dans la nouvelle approche de la politique américaine qui privilégie deux éléments fondamentaux. Que les pays candidats déterminent leurs propres priorités de manière chiffrée et ciblée pour que les actions à entreprendre aient le maximum d’efficience. Mais aussi que ces pays soient recevables aux règles de bonne gouvernance et qu’ils réservent dans leurs budgets propres un bon pourcentage à la santé et à l’enseignement, par exemple, mais aussi que leur système économique respecte les bonnes règles de l’économie libérale.

L’aide obtenue par le Maroc va se déployer sur plusieurs axes déjà établis et validés par les donateurs : 301 millions de dollars iront à l’arboriculture fruitière ; 116,2 millions de dollars à la pêche artisanale, 111 millions de dollars à l’artisanat et à la médina de Fès, 46,2 millions de dollars aux services financiers (microcrédit notamment) et 33,9 millions de dollars au soutien à l’entreprise (le programme Moukawalati est concerné). Le reste de l’enveloppe, 10%, est consacré, entre autres, au fonctionnement de l’APP et aux études, dont certaines sont déjà en cours.

Plusieurs accords, conventions et contrats sont déjà signés avec les ministères, administrations et organismes privés qui prendront part à ces projets.

Bien entendu, la démarche consiste à booster la croissance pour réduire la pauvreté. Ainsi, il est attendu que le programme augmente le PIB de 118 millions de dollars chaque année et qu’il profite à 600 000 familles. Quelques exemples sont mis en avant par l’APP : dans le domaine de l’arboriculture, ce sont 136 exploitations réparties sur 217 000 ha qui seront concernées.

Pour la pêche, 50 000 petits pêcheurs, grossistes et détaillants pourront bénéficier des programmes établis. Mais la démarche est plus globale puisque l’aide américaine va également financer la construction de plusieurs marchés de gros (Rabat, Marrakech, Tétouan, Taza et Béni-Mellal).